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31 octobre 2015

Le Petit Écho de la Mode : 100 ans d’histoire de la couture et du tricot domestiques


Ce samedi 31 octobre aboutit à Châtelaudren, en Bretagne, un magnifique projet de plus de cinq années de travaux : le bâtiment de l'ancienne imprimerie du magazine Le Petit Écho de la Mode auquel les habitants sont très attachés, devenu friche industrielle, a été réhabilité pour faire place à un pôle de développement culturel et touristique.

▲Le bâtiment de l'ancienne imprimerie du magazine Le Petit Écho de la Mode
Office de Tourisme du pays de Châtelaudren

Pour en savoir plus sur le projet, l'inauguration et les événements portes ouvertes de la journée de samedi, on peut lire l'article Samedi 31, Le Petit Écho de la Mode ouvre grand ses portes paru dans Ouest-France, et voir ce reportage de France 3 disponible sur Youtube.

1880-1984 : Le Petit Écho de la Mode, modèle français du magazine pratique familial

Dans la seconde moitié du XIXe siècle, plus encore avec la liberté de la presse de la Troisième République, les journaux féminins spécialisés se multiplient et contribuent à la démocratisation – certes relative – de la mode. Ces magazines qui font référence au modèle bourgeois de la famille suivent l’actualité, y compris mondaine, et distribuent de multiples informations, souvent de manière péremptoire, sur ce qui se fait et ce qui ne se fait pas en matière de mode vestimentaire. C’est par le biais de ces magazines que les patrons et les modèles de tricot se diffusent dans tous le pays, dans des couches sociales jusqu’alors exclues du domaine de la mode et des « nouveautés ».

▲Couvertures du Petit Écho de la Mode, à g. : 21 avril 1880, à dr. : 28 octobre 1888
sur Delcampe

▲Couvertures du Petit Écho de la Mode, années 1890 et 1895
sur Delcampe

▲Couvertures du Petit Écho de la Mode, 1914
sur Delcampe

Le cas du Petit Écho de la Mode est particulièrement intéressant pour l'historien de la mode : pendant une centaine d’années, il touche un lectorat proche, du point de vue géographique, démographique et sociologique, de la couverture nationale française. Des études de clientèle et études de marché établies dans le cadre du journal auraient montré la similitude de répartition entre les lecteurs du journal et les diverses catégories de la population française. Le Petit Écho de la Mode touche toutes les classes sociales, pénètre tous les types de localités, urbaines et rurales. À travers ses rubriques d'un genre nouveau – aménagement de la maison, courrier du cœur, santé, loisirs, cuisine – il se lit aujourd'hui comme un témoignage d'un siècle de vie familiale et d'évolution des mœurs sociales et des modes.

C’est en 1879 que la famille catholique bretonne Huon de Penanster, rachète un magazine renommé Le Petit Écho de la Mode pour toucher un lectorat nouveau : la famille provinciale. Charles de Penanster est un jeune sénateur des Côtes-du-Nord, son épouse, Claire, est l'âme de la revue  ; rédactrice en chef du journal sous le pseudonyme de Baronne de Clessy, elle poursuit l'oeuvre de son mari après sa mort. L’hebdomadaire cible les mères de famille qui savent lire et disposent d'un peu de temps pour se distraire, sans être non plus des « Madame Bovary ». Chaque semaine, il propose des conseils pratiques pour aider les lectrices à améliorer leur quotidien, tenir leur maison, établir leurs menus, couper et coudre des vêtements à la mode ; certains articles abordent aussi l’éducation des enfants.

▲Annonce de la publication d'un « roman sentimental pour dames »
de l'auteur Henri Ardel, pseudonyme de Berthe Abraham (1863-1938), 1898
sur Gallica, BnF, Paris
Le Petit Écho de la Mode / Éditions de Montsouris publie près de six cents titres
de « romans populaires pour dames » de 1919 à 1953.
Lors de son lancement, la collection Stella est présentée en ces termes :
« La collection Stella est la collection idéale des romans pour la famille et pour les jeunes filles [...].
Elle élève et distrait la pensée, sans salir l’imagination. La collection Stella est une garantie
de qualité morale et de qualité littéraire. »

En 1887, après l’insertion d'un roman à épisodes – on est bien sûr loin du long roman qui pourrait distraire la femme au foyer de ses tâches familiales – le tirage augmente de 5 000 à 100 000 exemplaires. Le feuilleton est imprimé sur pages détachables et reliables, la lectrice « honnête » et « économe » qui ne jette rien peut le conserver, le prêter, l’échanger.

En 1893, Le Petit Écho de la Mode encarte un « patron modèle » gratuit qui permet de réaliser soi-même un des modèles présentés dans le numéro, inspiré de la haute mode parisienne – le patron aurait été inventé en 1853 par Ebenezer Butterick, un tailleur américain, d’après les méthodes de gradations utilisées dans sa profession. Les ventes font un nouveau bond à 210 000 exemplaires.

Le Petit Écho de la Mode atteint un tirage de 300 000 exemplaires en 1900. Il s'installe dans des nouveaux locaux près du parc de Montsouris, qui donne son nom aux Éditions de Montsouris. Au début du siècle, c’est une revue illustrée hebdomadaire sur huit pages, seize quand il propose un supplément. La première page est en couleur, d'abord colorée à la main, puis selon la technique de l'aquatype à partir des années 1900. Il continue à paraître cahin-caha pendant les années de guerre malgré les privations.

Ce n'est qu'après la Première Guerre mondiale, à l'étroit dans ses locaux parisiens, que Le Petit Écho de la Mode décide de « délocaliser » en Bretagne. Charles-Albert de Penanster, fils du fondateur mort en 1902, conseiller général des Côtes-du-Nord, porte son choix sur une papeterie de Châtelaudren qui fonctionne grâce à une turbine hydroélectrique alimentée par la rivière Le Leff. Il la transforme en une imprimerie, édifiée en 1923 ; elle prend en charge les parutions non urgentes des Éditions Montsouris et reste active jusqu'en 1984 ; Châtelaudren devient la capitale des fameux « patrons modèles », qui font le succès du Petit Écho de la Mode.

Selon les informations diffusées dans l'exposition sur Le Petit Écho de la Mode à la bibliothèque Forney en 2008, dont le commissaire était Jean-Claude Isard, le journal tire à 500 000 exemplaires par semaine avant la Première Guerre mondiale, à un million dans les années 1930. Il change de nom en 1955 pour devenir L'Écho de la Mode, et atteint son record de vente en octobre 1955 avec 5 millions de lecteurs. Il amorce son déclin dans les années 1960, touché par le succès de magazines féminins concurrents, plus « modernes », comme Elle et Marie-Claire, et surtout, comme les autres titres de presse, par la publicité qui apparaît à la télévision en octobre 1968. En 1970, il a encore 270 000 abonnés. En 1977, il est racheté par le magazine Femmes d'aujourd'hui, les deux titres cohabitent jusqu'à la disparition du magazine en 1983.

Pour en savoir plus sur l'histoire du Petit Écho de la Mode, sur l'esprit du journal, les sujets abordés dans ses pages – vie familiale, actualités et débats, notamment autour du statut de la femme – les « plumes » de la rédaction comme Françoise Verny, et plus encore, on peut lire le compte rendu de la conférence Le Petit Écho de la Mode à Châtelaudren, donnée en avril 2015 par l'historienne Nicole Lucas, mis en ligne par l'Université du Temps libre du pays de Landerneau-Daoulas.

▲à g. : Couverture du Petit Écho de la Mode, 29 juillet 1900
à dr. : Supplément de patron au numéro du 9 décembre 1900, Le Petit Écho de la Mode

▲en ht. : « Patron découpé grandeur naturelle » d'une jupe Courtisane,
supplément gratuit au n°39 du 30 septembre 1906
en bas : « Patron découpé grandeur naturelle » d'une jupe Lisette,
supplément gratuit au n°38 du 20 septembre 1908 ▼
sur Fabulousfrenchvintagepattern.com

▲Annonce publicitaire pour Le Petit Écho de la Mode parue dans Le Pèlerin, 1913
« Habillez-vous vous-mêmes avec les 10 patrons gratuits
que donne chaque mois Le Petit Écho de la Mode »

▲à g. : Patron modèle Le Petit Écho de la Mode d'un manteau fillette, années 1950
à dr. : Couverture du Petit Écho de la Mode, 4 septembre 1955
Le manteau d'enfant pour le « premier jour de classe » est de Lempereur ;
Albert Lempereur, qui s'inspire du modèle américain du ready to wear,
est un précurseur du « prêt-à-porter » dans les années d'après-guerre.

▲Patrons modèles Le Petit Écho de la Mode de robes fillettes, années 1970
sur le blog Rétro et Cosy

▲Reportage de la télévision française au Petit Écho de la Mode, Châtelaudren le 26 juin 1968
Le chef de service explique à des lectrices les différentes étapes de la fabrication d'un patron
INA Styles via Youtube
Une visite dans la technologie d'un autre temps !

▲à g. : Couverture Petit Écho de la Mode n°36,
Collections des grands couturiers, 4 septembre 1960
à dr. : Couverture Petit Écho de la Mode n°11,
Collections de printemps, 35 nouveaux patrons modèles, 12 mars 1961

Le patron de couture gratuit inspiré de la haute mode parisienne

Lorsqu'en 1893, Le Petit Écho de la Mode a l'idée d'encarter un « patron modèle » gratuit dans ses numéros, ses ventes font un bond fabuleux. En offrant ce patron, Le Petit Écho de la Mode convainc ses lectrices que ce service vaut bien la dépense consentie pour le journal – l'argument vaut aussi face à leur confesseur ! Certains ouvrages à réaliser patiemment réclament une certaine virtuosité, d’autres sont faciles à copier. Les familles pauvres en bénéficient aussi, elles ont souvent une voisine abonnée à un de ces journaux qui circulent de mains en mains ; depuis l'instauration de l'école laïque obligatoire en 1882, il y a toujours dans l’entourage quelqu’un qui sait lire le journal.

Pendant un siècle, ce magazine féminin et familial est l’un des titres les plus lus de la presse française, par des générations de femmes. Il restera fameux pour ses patrons de couture et ses modèles d'ouvrages en tricot que les collectionneurs s'échangent aujourd'hui. Feuilleter des exemplaires de ce journal pendant les cent ans de sa parution, c’est voir l’évolution de la représentation de la femme au foyer et suivre une sorte de fil rouge témoignant de l’évolution des modes dans la couture et le tricot domestique.

Le succès durable du supplément détachable de modèles tricot

Plus encore que la couture, le tricot a des « vertus », car on peut l’interrompre pour le reprendre à tout moment et en tout lieu. Il permet à la femme de tirer parti de ces « temps perdus » qu'elle ne doit pas gaspiller en conversation, encore moins en lectures frivoles. À ce titre, il est largement enseigné dans les institutions et les écoles aussi bien religieuses que laïques pendant tout le XIXe siècle. Par sa vocation exemplaire d'édification pour les filles, tricoter représente parfaitement les enjeux et conventions de la vie quotidienne des femmes et jeunes filles du XIXe siècle. [Lire sur Les Petites Mains : Histoire du tricot (3) – Les « ouvrages de dames » des XVIIIe et XIXe siècles]. Tout cela éclaire le succès durable des modèles de tricot, des suppléments détachables au centre des magazines et des numéros « hors série ». Le « spécial layette » annuel est particulièrement attendu et conservé dans les familles.

La mode de la layette tricotée à la main est venue d'Angleterre, elle ne commence à se répandre en France qu’à partir des années 1870-1880. Les magazines féminins conseillent d’habiller chaudement les bébés d’une robe de laine dès leurs premiers pas, en raison de son confort et sa souplesse. Les mères n'hésitent plus à tricoter à la maison petites vestes, robes, bonnets, cache-langes et culottes à chaussettes intégrées qu'auparavant elles cachaient sous des brassières en tissu. Jusque dans les années 1950, il apparaît que coudre et tricoter le trousseau de son bébé est la plus saine des occupations pour une future mère. [Lire sur Les Petites Mains : Histoire du tricot (6) : La layette et le tricot pour enfants]

Chaussons, brassières et bonnets, pantalons à pieds, barboteuses, burnous, robes, gilets pour la layette, pulls, vestes, gilets, marinières, jupes et robes pour fillettes et garçonnets – et bien sûr le mémorable maillot de bain en laine tricotée défilent ainsi devant des générations de lectrices du Petit Écho de la Mode, dont Les Petites Mains vous proposent aujourd'hui un florilège :

▲à g. : Enfant photographié sur une luge, vers 1910
Galerie josefnovak33 sur Flickr
à dr. : Couverture Le Petit Écho de la Mode, 7 février 1911

▲à g. : Pull en laine tricotée pour fillette, à ceinture boutonnée
Photographie extraite de Woolco Knitting & Crocheting Manual, page 60, 1916
Le livre est consultable sur The Internet Archive
au centre : Couverture Le Petit Écho de la Mode, 13 juillet 1914
à dr. : Portrait de Joan Morgan, Alex Bassano, 1917
National Portrait Gallery, Londres

▲à g. : Portrait de Jane Simone 'Janie' Bussy, photographe anonyme, 1913
National Portrait Gallery, Londres
au centre : Couverture Le Petit Écho de la Mode, 6 novembre 1914
à dr. : Portrait de fillette, vers 1910-1915, Galerie lovedaylemon sur Flickr

▲à g. : F. G. Christopher, vers 1910-1915
au centre : Couverture Le Petit Écho de la Mode, 27 décembre 1914
à dr. : Garçon au tricycle, vers 1900
Portraits sur galerie lovedaylemon sur Flickr

▲à g. : Veste en laine tricotée pour fillette
Photographie extraite de Woolco Knitting & Crocheting Manual, page 32, 1916
au centre : Couverture Le Petit Écho de la Mode, 24 janvier 1915
à dr. : Photographie extraite de Woolco Knitting & Crocheting Manual, page 35, 1916

▲à g. : Lady Ottoline Morell, photographe anonyme, 1900
National Portrait Gallery, Londres
à dr. : Couverture Le Petit Écho de la Mode, 7 février 1915

▲à g. : Couverture Le Petit Écho de la Mode, 14 décembre 1919
au centre : Portrait de Jane Maria, née Grant, Lady Strachey et Barbara Strachey
photographie Rachel Pearsall Conn ('Ray') Strachey, 1916
National Portrait Gallery, Londres
à dr. : Couverture Le Petit Écho de la Mode, 7 décembre 1919

▲à g. : Brassière et pantalon en laine tricotée
Photographie extraite de Woolco Knitting & Crocheting Manual, pages 18 et 28, 1916
au centre : Couverture Le Petit Écho de la Mode, 11 juillet 1920
à dr. : Portrait de Matthew Witt, vers 1920-1925
Wisconsin Historical Museum, Madison

▲à g. : Portrait de garçonnet, 1923
au centre : Album Le Tricot et le Crochet, Éditions du Petit Écho de la Mode, 1920-1925
à dr. : Enfants en habits tricotés, vers 1925
– Pool Vintage Kids sur Flickr

▲à g. : Couverture Le Petit Écho de la Mode, 27 mai 1924
au centre : Modèle présentant de la mode tricot, 1e juillet 1922
Bassano Studio, Museum of London, Londres
à dr. : Couverture Le Petit Écho de la Mode, 27 mars 1927

▲à g. : Lady Mary Elizabeth Kirk, née Plunkett, et Elizabeth Kirk
photographie Alexander Bassano, 3 juin 1926
au centre : Couverture Le Petit Écho de la Mode, 18 mars 1923
à dr. : Mrs Hilton Philipson et ses enfants Anne et Peter
photographie Bassano Ltd, 10 novembre 1927
– Photographies National Portrait Gallery, Londres

▲à g. : Couverture Le Petit Écho de la Mode, 19 mai 1928
au centre : Portrait de Christopher Robin Milne,
photographie Marcus Adams, 1928
à dr. : Couverture Le Petit Écho de la Mode, 25 novembre 1928

▲à g. et au centre : Couverture Le Petit Écho de la Mode, 8 mai 1928
à dr. : photographie de fillette en robe à col marin, Pool Vintage Kids sur Flickr

▲à g. et au centre : Modèles de tricot, Le Petit Écho de la Mode, 1929
à dr. : Couverture Le Petit Écho de la Mode, 16 février 1930

▲à g. : Collection de vêtements tricotés, maillot de bain fillette, vers 1930
photographie Roger Parry, Médiathèque de l'Architecture et du Patrimoine
au centre : Couverture Le Petit Écho de la Mode, 26 juin 1932
à dr. : Portrait de Anne Arianna Gallon, née Goodman
photographie Lady Ottoline, 1932
National Portrait Gallery, Londres

▲à g. : Costumes marins enfants, Le Petit Écho de la Mode, 1930
au centre : Couverture Le Petit Écho de la Mode, 8 août 1934
à dr. : Costumes marins fillettes, Le Petit Écho de la Mode, 1934

▲à g. : Portrait de Sidney Arthur Robin George Drogo Montagu, 6 février 1930
photographie Bassano Ltd, National Portrait Gallery, Londres
au centre : Couverture Le Petit Écho de la Mode, 3 avril 1938
à dr. : Couverture Le Petit Écho de la Mode, 13 novembre 1938

▲à g. : Philippa Selina et David Geoffrey Bewicke-Copley, 3 novembre 1933
au centre : Couverture Le Petit Écho de la Mode, 4 décembre 1932
à dr. : Comtesse Elizabeth de Pret-Roose et ses fils
– photographies Bassano Ltd, National Portrait Gallery, Londres

▲à g. : Couverture Le Petit Écho de la Mode, 10 novembre 1940
sur vintagestory.ru
au centre : Robe tricotée pour fillette, 1930-1939
Victoria and Albert Museum, Londres
à dr. : Couverture Le Petit Écho de la Mode, 30 janvier 1949

▲à g. : Modèles layette Le Petit Écho de la Mode, novembre 1948
au centre : Portrait de bébé, vers 1949, Galerie lovedaylemon sur Flickr
à dr. : Modèles layette Le Petit Écho de la Mode, 30 juillet 1950

▲à g. : Couverture Le Petit Écho de la Mode, 22 janvier 1950
au centre et à dr. : Modèle de robe fillette en tricot, Le Petit Écho de la Mode, 1950
Galerie april-mo sur Flickr

▲à g. : Couverture Le Petit Écho de la Mode, 7 octobre 1951
au centre et à dr. : Modèles de layette, Le Petit Écho de la Mode, 1953

▲à g. : Almanach Le Petit Écho de la Mode, 1954
au centre : « Ma veste écossaise », Le Petit Écho de la Mode, 13 février 1955
à dr. : Modèle de gilet enfant, Le Petit Écho de la Mode, 1955

▲à g. : Couverture Écho de la Mode, 26 décembre 1965
au centre : Couverture Écho de la Mode, 14 août 1966
à dr. : Couverture Écho de la Mode, 15 janvier 1967

▲à g. : Couverture Écho de la Mode, 12 novembre 1976
au centre : Couverture Écho de la Mode, 16 janvier 1976
à dr. : Hors Série Femmes d'aujourd'hui, 1977

▲à g. : Hors Série Femmes d'aujourd'hui, 1e janvier 1980
au centre : Couverture de Femmes d'aujourd'hui / Écho de la Mode, 30 juin 1981
à dr. : Couverture de Femmes d'aujourd'hui, 30 août 1983


Les images du Petit Écho de la Mode sont issues d'une collection particulière,
et des sites de vente Delcampe, eBay, Pinterest.

À lire aussi sur Les Petites Mains :

Histoire du tricot (1)Les origines
→Des chaussettes coptes de l'Antiquité égyptienne des origines, en passant par les gants liturgiques de l'Église chrétienne, le tricot se diffuse peu à peu dans toute l'Europe.

Histoire du tricot (2)Du XIVe au début du XVIIe siècle
→Le tricot du Moyen Âge ne concerne que les gants, les bas, les bonnets et chapeaux ; guildes et corporations se structurent autour du travail de la « bonneterie » qui se mécanise.

Histoire du tricot (3)Les « ouvrages de dames » des XVIIIe et XIXe siècles
→Sous l'Ancien Régime, le tricot est une occupation féminine convenable, la tricoteuse une figure exemplaire de vertu féminine ; premiers recueils de modèles, progrès techniques et modes hygiénistes diffusent la mode du tricot.

Histoire du tricot (4)Le tricot au XXe siècle, 1900-1930
→Des fins dessous tricotés 1900 au sportswear des années 1920, le tricot devient la « maille », signe de modernité, il passe des dessous aux dessus ; au tricot utile des années de guerre succède le tricot de loisir.

Histoire du tricot (5)Le tricot au XXe siècle, 1930-1980
→Dans la seconde moitié du XXe siècle, le tricot suit les tendances de modes : débrouille des années 40, sophistication des années 50, dynamisme rayé et coloré des années 70, la presse féminine diffuse les modèles.

Histoire du tricot (6)La layette et le tricot pour enfants
→Depuis toujours, le tricot habille l'enfant, parce qu'il le tient au chaud ; en rose ou en bleu, tricoter la layette de son bébé est considéré comme la meilleure des occupations pour une jeune mère.



8 juin 2011

Histoire du tricot (6) - la layette et le tricot pour enfants



Depuis toujours, le tricot habille l’enfant

▲à g. : Fragment de tricot de coton au point jersey, décor jacquard,
Égypte période copte, XIe-XIIe siècles,
Le Coton et la mode, 1000 ans d’aventures, catalogue d’exposition (2000-2001), page 29
Musée Galliéra, Éditions Skira, Paris (épuisé)
à dr. : Chaussette enfant, Fustat (Égypte), XIe-XVe siècle
Textile Museum, Washington sur Dar Anahita's

▲à g. : Tunique d’enfant en laine tricotée, Antinoë (Égypte), entre 331 et 641 (époque copte)
Musée du Louvre, Paris
au centre et à dr. : Chemise veste et moufle en laine tricotée pour enfant, XVIe siècle
Museum of London, Londres
(Pour en savoir plus, lire les fiches détaillées de chaque objet sur le site du musée)

Dès qu’on a pu filer et tisser la laine, on l’a aussi tricotée [Lire sur Les Petites Mains, Histoire du tricot : Les origines]. Dans les campagnes où on y a facilement accès, la laine tricotée est une réponse pratique et économique aux besoins vestimentaires des familles. Dans certaines régions, le tricot devient à partir du XVIe siècle une activité de revenu complémentaire pour les familles pauvres. Cette habitude est encouragée par les œuvres de bienfaisance. Même pratiqué de façon non professionnelle, le tricot devient un gage de bonne éducation et de vertu morale pour les femmes et jeunes filles [Lire sur Les Petites Mains : Histoire du tricot : Les ouvrages de dames des XVIIIe et XIXe siècles, la représentation de la tricoteuse].

▲à g. : Portrait de bébé, par Mary Beale, vers 1690-1730
Victoria & Albert Museum, Londres
à dr. : Chemise veste d’enfant en coton tricoté, XVIIe siècle
Album : Knitting Items from the Collection, Victoria and Albert Museum, Londres

▲à g. : Bas pour enfant en tricot de soie rebrodé, XVIIIe siècle
Museum of Fine Arts, Boston
à dr. : Brassière pour bébé en tricot de coton, XVIIIe siècle
passée en vente chez Christie, Londres

▲à g. : Ensemble bonnet, brassière et manches amovibles en laine tricotée main pour bébé,
Angleterre, entre 1800 et 1850
Album : Knitting Items from the Collection, Victoria & Albert Museum, Londres
à dr. : Robe pour bébé tricotée en coton, 1851
Victoria and Albert Museum, Londres
Ce modèle, réalisé par Sarah Ann Cunliffe, fut primé à la première Exposition Universelle
de Londres, en 1851 (médaille visible en haut à gauche de la photo).

▲à g. : Petite fille portant des mitaines tricotées, début XIXe siècle
galerie photo_history sur Flickr
à dr. : Mitaines en soie tricotée, vers 1860, sur corsetsandcrinolines

Au XIXe siècle, les travaux d’aiguilles sont enseignés aux filles à l’école. Certains prix décernés aux articles tricotés présentés aux grandes expositions universelles sont réservés aux productions des orphelinats et autres maisons de type hospice. Ils distinguent des pièces d’une grande dextérité, considérées comme des chefs-d’œuvre. Il s’agit souvent de pièces de layette en tricot de laine ou de coton. On combine parfois sur la même pièce les techniques tricot et crochet.

Les productions domestiques utilitaires, dont les modèles de base n’ont sans doute guère changé au fil des siècles, concernent tout particulièrement les petites pièces du vestiaire des bébés et des enfants, faciles et rapides à exécuter. Chaussettes et bas sont fabriqués industriellement sur des métiers, mais on en tricote aussi pour usage personnel dans les familles. Les musées conservent quelques brassières de coton datant du XVIIe et du XVIIIe siècle, mais peu de pièces domestiques modestes, recyclées et portées jusqu’à l’usure.

▲à g. : Chaussettes en grosse laine tricotée, XVIIe siècle
Rijksmuseum , Amsterdam
à dr. : Moufles en laine pour enfant, à motifs jacquard, rapiécées, XIXe siècle
Museum of Fine Arts, Boston

Le tricot de laine tient les enfants au chaud

Quand le moindre refroidissement peut mettre en danger les enfants – la pénicilline n’arrive en Europe qu’en 1945 – les vêtements de laine maintiennent les enfants au chaud. Pourtant, dans son ouvrage de référence sur la mode enfantine, Dictionary of Children’s Clothes – 1700s to Present, Noreen Marshall remarque que l’étude de photographies de groupes d’enfants, par exemple d’écoliers, montre qu’avant 1890, les enfants de condition modeste ne portent guère de vêtements de dessus tricotés, mais le plus souvent des vestes trop grandes ou trop petites, trop usées aussi pour être bien chaudes.

Ainsi, les brassières et chemises de laine plus ou moins finement tricotées des bébés sont intercalées entre des vêtements de coton blanc, faciles à entretenir : celui du dessous protège le vêtement des sécrétions de l’organisme, celui du dessus protège le corps des vêtements de dessus faits dans des textiles moins confortables. Le vêtement tricoté est un vêtement utilitaire qui ne se montre pas. On ne le trouve pas élégant, il n’est pas soumis aux phénomènes de mode. Avant le milieu du XIXe siècle, les travaux de tricot sont plutôt considérés comme une basse besogne, ils sont réservés aux institutions de bienfaisance et d’assistance, aux hôpitaux et aux prisons.

▲à g. : Publicité pour « sous vêtements hygiéniques » en lainage à la ouate de tourbe
du Docteur Rasurel, 1897, sur live auctionneers
au centre et à dr. : Combinaison pour enfant en tricot mécanique de coton
dans Dictionary of Children’s Clothes – 1700s to Present, Victoria & Albert Museum, Londres
On nomme « combinaison » ce vêtement pour enfant : il est en effet littéralement
la combinaison entre une chemise et une culotte. Celle-ci, datée entre 1900 et 1940, est en tricot ;
les combinaisons de laine de la fin du XIXe - début XXe ont la même coupe.

▲à g. en ht et en bas : Chemise body pour bébé en fine laine blanche tricotée, vers 1896-1898
Wisconsin Historical Museum, Madison
au centre : Publicité pour les « sous vêtements hygiéniques » du Docteur Rasurel,
par Lenonetto Cappiello, 1906 sur Camard et Associés
à dr. : Chemise et caleçon en laine tricotée pour enfant
dans Dictionary of Children’s Clothes – 1700s to Present Victoria & Albert Museum, Londres

▲à g. : Pull fille, finement tricoté en laine rouge, vers 1900
Wisconsin Historical Museum, Madison
Dans les années 1850-1860, pour une meilleure santé, les hygiénistes
recommandent de porter un jupon de flanelle de laine rouge.
au centre : Portrait de Lady Ottoline Morrell Julian Ottoline Vinogradoff enfant, 1910-1911
National Portrait Gallery, Londres
à dr. : Pull pour petit garçon, tricoté en laine écrue, vers 1881-1883
Wisconsin Historical Museum, Madison

▲à g. : Jupon tricoté pour petite fille, 1866, La Mode illustrée
boutique Au Fil du Temps sur e-bay
à dr. : Jupon tricoté en laine jaune et rayures zig-zag multicolores, vers 1885-1890
Wisconsin Historical Museum, Madison

▲à g. : Jupon tricoté pour petite fille, 1860, La Mode illustrée
boutique Au Fil du Temps sur e-bay
à dr. : Jupon tricoté et crocheté en laine écrue et rayures zig-zag roses, vers 1880-1910
Wisconsin Historical Museum , Madison

▲à g. : Jupon pour enfant, La Mode illustrée, 1862
boutique Au Fil du Temps sur e-bay
à dr. : Combinaison pour enfant en laine tricotée, à rayures verticales bicolores, vers 1890-1899
Wisconsin Historical Museum , Madison

▲à g. : Pull gilet pour fille en laine tricotée chinée marron rebrodée, vers 1860-1869
Wisconsin Historical Museum, Madison
à dr. : Veste à manches courtes pour petite fille, 1864, La Mode illustrée
boutique Au Fil du Temps sur e-bay

À partir du milieu du XIXe siècle, et plus encore la fin XIXe-début XXe, les habitudes changent. La scolarisation obligatoire des enfants préconise « un esprit sain dans un corps sain », on favorise la pratique sportive, y compris pour les filles. Les « bains de mer » ne sont plus réservés à l’élite. Parallèlement, « hommes de science » et hygiénistes redécouvrent les vertus de la laine et recommandent de porter des «lainages sanitaires» à même la peau [Lire sur Les Petites Mains, Histoire du tricot, Les ouvrages de dames des XVIIIe et XIXe siècles : les progrès de la teinture et la vogue des lainages sanitaires]. Tout cela va contribuer à mettre la laine « à la mode », elle gagnera peu à peu le vêtement de dessus.

Tricot de laine et mode enfant

▲Costumes marins en jersey, 1881 catalogue Hilder & Godbold, Angleterre
dans Dictionary of Children’s Clothes – 1700s to Present, Victoria & Albert Museum, Londres
à dr. : Garçonnets en costumes marins en jersey, vers 1900
pool Vintage Kids sur Flickr

▲à g. : Costume marin en jersey pure laine, hiver 1911-1912
catalogue général des Galeries Lafayette sur Commons Wikimedia
à dr. : Petit garçon aux dominos, photographe anomyme, vers 1886
Bibliothèque nationale de France, Paris

▲Portrait de famille, fin XIXe siècle, galerie lovedaylemon sur Flickr

▲à g. : Pull garçon rayé à col châle, en laine tricotée, marque Lorenz, vers 1900-1915
Wisconsin Historical Museum , Madison
à dr. : Garçonnet en pull rayé, vers 1900
album Edwardian children sur Flickr

▲à g. : Enfants en habits tricotés, vers 1925 pool Vintage Kids sur Flickr
au centre : Catalogue de tricot Madame n°183, décembre 1924
sur journ@ux-collection.com
à dr. : Petite fille en costume de laine tricotée, Portugal, vers 1925
sur Photos d’Enfances

▲à g. : Modèles de tricot, couverture de Mon Ouvrage n°218, 15 mars 1932
sur journ@ux-collection.com
au centre : Portrait de Philippa Selina Mather (née Bewicke-Copley) et David Godfrey Bewicke-Copley
par Alexandre Bassano, 1933, National Portrait Gallery, Londres
à dr. : Modèles de tricot, couverture de Mon Ouvrage n°366, 15 mai 1938
sur journ@ux-collection.com

▲à g. : Pull en en laine, tricotage jacquard des îles Shetland, vers 1931
Victoria & Albert Museum, Londres
à dr. : Les princes d’Angleterre Andrew et Edward, 1966, sur royalteurope

▲à g. : Petite fille en gilet tricoté, inspiré du style des îles d’Aran, 1942
sur Photos d’Enfances
au centre : Pull tricoté en laine, dans le style des îles d’Aran, 1945
Wisconsin Historical Museum, Madison
à dr. : Modèles de tricot dans le style des îles d’Aran, 1960
sur The Retro Knitting Company

Dans les années 1885, les manufactures de jersey se spécialisent, le célèbre costume marin des enfants est réalisé en épaisse maille jersey de laine ou de coton. On s’habille de manière plus décontractée en bord de mer, on porte des pulls. À partir des années 1910 apparaissent de plus en plus sur les photographies, des enfants vêtus, même à la ville, de pulls tricotés – ce sont surtout des garçons. L’activité tricot se développe par nécessité pendant la guerre, puis s’ancre durablement dans les habitudes féminines.

Il faudra attendre les années 1920 pour que la laine tricotée évolue en vêtement concerné par la « mode ». La pratique du sport va se répandre et se démocratiser pour devenir un style de vie, tendance amplifiée en 1936 par les congés payés [Lire sur Les Petites Mains, Histoire du tricot au XXe siècle : Le sportswear des Années folles et La maille est associée à la modernité].

Cette mode favorisera le développement d’un style confortable, typiquement enfantin, avec chandails et culottes de maille boutonnées ensemble et courtes robes. Le chandail ou pullover de sport, qui intéresse désormais les couturiers, se fait créatif. Il s’inspire parfois des techniques traditionnelles locales du tricot, comme le jacquard nordique coloré et le tricot irlandais à torsades et reliefs.

Le pull est un vêtement confortable, souple et extensible qui « grandit » avec l’enfant : on détricote le modèle devenu trop petit, on le retricote en plus grand avec des rayures, des pièces contrastées (poignets, côtes), en réutilisant si nécessaire plusieurs vieux vêtements. Les techniques textiles du XXe siècle n’auront de cesse de développer cette notion de confort, d’élasticité, de douceur…

▲à g. : Publicité pour les laines du Pingouin, vers 1950, sur Femmes en 1900
à dr. : Robe layette tricotée main, marque Jaboté, vers 1960
sur Kentucky Rain Vintage

▲à g. : Publicité Petit Bateau, tricots Crylor, sur Delcampe
à dr. : Pull Petit Bateau en fibre polyamide Ban-Lon, vers 1970
sur Kentucky Rain Vintage

▲à g. : Publicité Absorba, 1968, sur memory-pub
à dr. : Robe tricotée bicolore en acrylique, Absorba, vers 1970
sur Kentucky Rain Vintage

▲Pull tricoté à rayures en modal et polyamide, Absorba, vers 1980
sur Kentucky Rain Vintage
à dr. : Publicité Absorba, « Les enfants sont comme ça », vers 1980, sur Delcampe

Dans les années 1960-1970, la facilité de lavage, la rapidité de séchage, l’absence de repassage, le choix multiple des coloris font des fibres synthétiques un matériau particulièrement adapté au vêtement d’enfant qui a besoin d’être lavé souvent. L’offre des marques de prêt-à-porter en tricot est riche et variée, même si on considère les tricots faits maison comme plus élégants et raffinés. Le vêtement tricoté reste un basique incontournable de la mode layette et enfant.

La layette

Ce sont les Anglais, toujours pragmatiques, qui lancent les premiers la mode de la layette tricotée à la main. Elle ne commence à se répandre qu’à partir des années 1870-1880. Les magazines féminins conseillent d’habiller chaudement les bébés d’une robe de laine dès leurs premiers pas, en raison de son confort et sa souplesse. On ne se cache plus pour tricoter à la maison petites vestes, robes, bonnets, cache-langes et culottes à chaussettes intégrées. On considère jusqu’à la moitié du XXe siècle que coudre et tricoter le trousseau de son bébé est la plus saine des occupations pour une future mère.

▲à g. : Brassière en laine tricotée, vers 1890-1899
Wisconsin Historical Museum, Madison
à dr. : Brassière tricotée mains proposée par un magasin de nouveautés, Le Caprice (journal), 1887
dans La Mode et l’Enfant 1780… 2000, Musée Galliéra, Paris

▲à g. en haut : Bavette au crochet, La Mode illustrée, 1866
boutique Au Fil du Temps sur e-bay
à g. en bas : Bavette au crochet, vers 1870-1899
Wisconsin Historical Museum , Madison
à dr. : Chemise brassière de bébé en laine tricotée
Wisconsin Historical Museum , Madison

▲à g. : Bonnet en laine crochetée pour garçon, vers 1861-1862
Wisconsin Historical Museum, Madison
au centre : Bonnet pour bébé, La Mode illustrée du 2 novembre 1873
boutique Au Fil du Temps sur e-bay
à dr. : Bonnet en laine tricotée pour fille, vers 1850-1869
Wisconsin Historical Museum, Madison

▲à g. : Bonnets pour bébés en coton tricoté, rebrodé de perles de verre, orné de dentelle et ruban,
XIXe siècle, Museum of Fine Arts, Boston
au centre : Bonnet d’enfant, rebrodé de perles de verre, début XIXe siècle
The Elizabeth Day McCormick Collection, Museum of Fine Arts, Boston
à dr. : Bonnet de bébé en coton tricoté, rebrodé de perles de verre, orné de dentelle, XIXe siècle
Museum of Fine Arts, Boston
En cliquant sur le lien, on peut voir, en haute résolution sur le site du musée,
le magnifique travail de tricot rebrodé de perles de verre [en anglais : beadwork] de ces bonnets .
Le travail - que certains différencient du tricot pur, est très proche des modèles
de réticules pour femme de la même époque
[Lire ici : Les ouvrages de dames, réticules et autres bourses du XIXe siècle sur Les Petites Mains]

▲à g. : Bonnet pour bébé en coton écru tricoté rebrodé de perles de verre, 1856
Wisconsin Historical Museum, Madison
au centre : Bonnet de bébé en coton tricoté, rebrodé de perles de verre, XIXe siècle
Museum of Fine Arts, Boston
à dr. : Modèle de bonnet tricoté pour enfant, 1865, La Mode illustrée
boutique Au Fil du Temps sur e-bay

▲à g. : Bonnet en coton tricoté, 1860
Wisconsin Historical Museum, Madison
à dr. : Bonnet au crochet pour layette de bienfaisance, 1874
Le Journal des Demoiselles, boutique Au Fil du Temps sur e-bay

▲à g. : Bonnet en coton tricoté, XIXe siècle, Museum of Fine Art, Boston
au centre : Bonnet au crochet pour enfant, 1865
La Mode illustrée, boutique Au Fil du Temps sur e-bay
à dr. : Chaussette pour enfant en coton tricoté, début XIXe siècle
Museum of Fine Arts, Boston

▲à g. : Chaussons en crochet pour bébé, 1865, La Mode illustrée
boutique Au Fil du Temps sur e-bay
à dr. : Chaussons pour bébé en laine tricotée noire rehaussée de jaune, 1880-1889
Wisconsin Historical Museum, Madison

▲à g. : Modèle de chausson pour bébé, 1861, La Mode illustrée
boutique Au Fil du Temps sur e-bay
à dr. : Chausson pour bébé en laine tricotée moutarde rehaussée de blanc, 1877
Wisconsin Historical Museum, Madison

▲à g. : Modèle de chausson pour bébé, 1866, La Mode illustrée
boutique Au Fil du Temps sur e-bay
à dr. : Chausson pour bébé en laine tricotée écrue, orné d’un double ruban, 1905-1915
Wisconsin Historical Museum, Madison

▲à g. : Modèle de chausson bottine pour bébé, 1862, La Mode illustrée
boutique Au Fil du Temps sur e-bay
à dr. : Chausson pour bébé en grosse laine tricotée de couleur magenta, 1877
Wisconsin Historical Museum, Madison
La couleur mauve et ses dérivés sont à la mode depuis qu’en 1856,
William Henry Perkin a réalisé la synthèse chimique de la mauvéine ;
cela a permis la préparation et l’invention de nouvelles molécules colorantes.

▲à g. : Brassière tricotée en laine blanche, ornée de ruban rose à l’encolure,
vers 1920, Wisconsin Historical Museum, Madison
à dr. : Catalogue de tricot, modèles layette, collection Bleuet n°9,
année non renseignée, sur journ@ux-collection.com

▲à g. : Portrait d’une mère et de son enfant, 1924, galerie bitsorf sur Flickr
à dr. : Ensemble layette en laine écrue tricotée de la marque Glenroyal
Victoria & Albert Museum, Londres

▲ g. : Ensemble layette, gilet, bonnet et chaussons tricotés en coton blanc et rose, rebrodé,
vers 1944-1946, Wisconsin Historical Museum, Madison
à dr. : Catalogue de tricot, modèles layette, collection Recko n°3,
année non renseignée, sur journ@ux-collection.com

▲g. : Catalogue de tricot, modèles layette, Tricot de Paris n°60,
année non renseignée, sur journ@ux-collection.com
au centre : Trois ans en tricot, modèles à tricoter soi-même
Modes et Travaux, 1951, sur aiguilles et autres choses
à dr. : Petite fille en robe tricotée, Allemagne ou Autriche
vers 1945, sur Photos d’Enfances

▲à g. : Robe tricotée mains, vers 1970-1980, sur Kentucky Rain Vintage
à dr. : Catalogue de tricot, modèles layette, L’Officiel du Tricot n°25,
année non renseignée, sur journ@ux-collection.com

▲à g. : Catalogue de tricot modèles layette, Bernat n°27,
année non renseignée, galerie cemeterian sur Flickr
à dr. : Réédition d’une brassière ancienne en laine tricotée pour bébé
sur muitomaisanorte

▲à g. : Catalogue de tricot, modèles layette, La Layette de Mon Tricot,
année non renseignée, sur journ@ux-collection.com
au centre : Catalogue de tricot, modèles layette, Patons n°717,
année non renseignée, galerie megsmaw06 sur Flickr
à dr. : Catalogue de tricot, modèles layette, L'Art du Tricot n°6,
année non renseignée, sur journ@ux-collection.com

▲à g. : Catalogue de tricot, modèles layette, La Mode pratique,
année non renseignée, sur journ@ux-collection.com
au centre : Portrait d’enfant en robe de laine tricotée, vers 1949
galerie lovedaylemon sur Flickr
à dr. : Catalogue de tricot, modèles layette, Collection Azur n°90,
année non renseignée, sur journ@ux-collection.com

▲ g. : Bonnet et chaussons en laine tricotée jaune, vers 1954-1956
Wisconsin Historical Museum, Madison
à dr. : Modèle d’ensemble layette Sirdar Sunshine, Harrap Bros (Sirdar Wools) Ltd,
vers 1955-1965, Victoria & Albert Museum, Londres

Dans les années 1920, comme pour l’enfant, la layette tricotée promeut des règles de confort nouvelles, qui vont durer. On aime les panoplies. On assortit les bonnets et les chaussons. Les modèles basiques sont agrémentés de brassières et de bavoirs brodés. On préfère le blanc, mais la répartition des coloris rose-bleu entre garçons et filles s’enracine [Lire sur Les Petites Mains, Bébé rose - bébé bleu]. Le jaune fait son apparition dans les années 1930.

Quand le plaisir de tricoter l’emporte sur l’utilité

▲à g. et au centre : Catalogues de modèles de tricots des années 1930, années non renseignées
à dr. : Catalogue de modèles de tricot, La Mode pratique n°13 du 30 mars 1935
sur journ@ux-collection.com

▲g. : Couverture du magazine Elle n°15 du 27 février 1946
au centre : Couverture du magazine Elle n°95 du 9 septembre 1947
Archives magazine Elle
à dr. : Garçonnets en pull de laine tricotée, pool Vintage Kids sur Flickr

▲g. : Patron modèle de cardigan et de short Patons and Baldwins Ltd, Créations Weldon,
vers 1950-1955, Victoria & Albert Museum, Londres
au centre : Patron modèle de mini-robes roses, marque Hayfield, vers 1960, sur etsy
à dr. : Patron modèle d’ensembles gilets/jupe/pantalon pattes d’eph’, Cortinac, vers 1970
sur buggsbooks

▲Pages de modèles de tricots pour bébés
100 Idées n°1 de décembre 1972 et n°111 de janvier 1983
sur le blog des centidéalistes : rubrique Tricot à la mode 100 Idées

▲Pages de modèles de tricots pour enfants
100 Idées n°4 de septembre 1973 (à g.), n°60 d’octobre 1978 et n°119 d’octobre 1983
sur le blog des centidéalistes : rubrique Tricot à la mode 100 Idées

▲Pages de modèles d’accessoires en tricot pour enfant,
100 Idées n° 112, février 1983 sur le blog des centidéalistes : rubrique Tricot à la mode 100 Idées

La généralisation d’un prêt-à-porter abordable, le travail des femmes et autres mutations sociales vont peu à peu confiner l’activité tricot au loisir. Dans le domaine de la layette plus que tout autre, le temps du tricot prolonge le plaisir de la ferveur maternelle ou grand-maternelle à l’enfant chéri. De la débutante à l’experte, de la tradition à l’ultra-mode, dans un esprit pratique ou ludique, chacune peut trouver dans les nombreuses publications de catalogues et magazines spécialisés « le » modèle à tricoter soi-même.

▲Bonnet pointu en alpaga, tricoté par Marie-Pierre pour Appoline, sur Bigmammy

À lire aussi sur Les Petites Mains :

Histoire du tricot (1)Les origines
→Des chaussettes coptes de l'Antiquité égyptienne des origines, en passant par les gants liturgiques de l'Église chrétienne, le tricot se diffuse peu à peu dans toute l'Europe.

Histoire du tricot (2)Du XIVe au début du XVIIe siècle
→Le tricot du Moyen Âge ne concerne que les gants, les bas, les bonnets et chapeaux ; guildes et corporations se structurent autour du travail de la « bonneterie » qui se mécanise.

Histoire du tricot (3)Les « ouvrages de dames » des XVIIIe et XIXe siècles
→Sous l'Ancien Régime, le tricot est une occupation féminine convenable, la tricoteuse une figure exemplaire de vertu féminine ; premiers recueils de modèles, progrès techniques et modes hygiénistes diffusent la mode du tricot.

Histoire du tricot (4)Le tricot au XXe siècle, 1900-1930
→Des fins dessous tricotés 1900 au sportswear des années 1920, le tricot devient la « maille », signe de modernité, il passe des dessous aux dessus ; au tricot utile des années de guerre succède le tricot de loisir.

Histoire du tricot (5)Le tricot au XXe siècle, 1930-1980
→Dans la seconde moitié du XXe siècle, le tricot suit les tendances de modes : débrouille des années 40, sophistication des années 50, dynamisme rayé et coloré des années 70, la presse féminine diffuse les modèles.