31 janvier 2011

Histoire du tricot (4) - Le tricot au XXe siècle, 1900-1930



Des dessous « hygiéniques » fin XIXe au sportswear des Années folles

▲à g. : Le Chalet du cycle au bois de Boulogne, par Jean Béraud, fin XIXe-début XXe siècle
Musée de l’Île-de-France, Sceaux sur Agence photographique de la RMN
Les élégantes viennent au Chalet du cycle exhiber leur garde-robe sportive, la grande nouveauté,
c’est la culotte bouffante qui permet de montrer ses jambes, ce qui n’est possible que par la pratique de la bicyclette.
à dr. : Sweater en laine, France, vers 1895, The Metropolitan Museum of Art, New York

▲à g. : Sweater cardigan en laine, Amérique, vers 1900-1903 The Metropolitan Museum of Art, New York
à dr. : Carte postale des montagnes du Doubs intitulée « Sports d’hiver, départ du bolide, 60 à l’heure », vers 1900

Dans la lignée de la fin du XIXe siècle et la vogue des lainages « hygiéniques » utilisés pour les vêtements de dessous puis les tenues de sport, la mode des vêtements en tricot se développe au début du XXe siècle. L’hiver à Saint-Moritz, on s’équipe d’un bonnet, d’une écharpe, d’un pull et de chaussettes de laine pour pratiquer les sports de plein air comme le patinage, la luge, le ski, le hockey ; les autres saisons, on porte d’élégants et confortables sweaters [de l’anglais to sweat : transpirer] et ensembles de maille pour la chasse et les parties de campagne, la plage à Deauville et le vélocipède au bois de Boulogne.

▲à g. : Gabrielle Chanel photographiée à Deauville vêtue d’un ensemble de tricot, 1913
à dr. : Costumes en jersey de Chanel, illustration, première parution dans Les Elégances parisiennes, juillet 1916
Bibliothèque des Arts Décoratifs, Paris sur Life.com

Gabrielle Chanel est à juste titre considérée comme une pionnière du vêtement en tricot. En 1913, elle ouvre sa boutique à Deauville ; en 1916, elle rachète à Jacques Rodier (tisserands depuis 1852) un stock de jersey habituellement utilisé pour la bonneterie ; elle y réalise des modèles de tailleurs à veste trois-quarts et jupes raccourcies et des marinières. Mais elle n’est pas la seule à apprécier sa souplesse, sa douceur et son confort : d’autres couturiers s’enthousiasment pour le djersabure de la maison Rodier, comme Jean Patou, ou André Gillier, le futur inventeur de la fameuse maille piquée Lacoste deux décennies plus tard.

▲à g. : Ensemble en tricot, publié dans le magazine Madame, 1921
boutique Au Fil du Temps sur e-Bay
à dr. : Tailleur sport Lanvin, photographié au Bois de Boulogne par les Frères Séeberger, hiver 1922
Les Séeberger, photographes de l'élégance, 1909-1939, BnF, Paris

▲à g. : Suzanne Lenglen dans un ensemble en maille de Jean Patou, 1926, sur examiner.com
à dr. : Pullover en soie et laine, par Lucien Lelong, 1927 The Metropolitan Museum of Art, New York

▲à g. et à dr. : Sweater en laine et soie, Angleterre, vers 1929
The Metropolitan Museum of Art, New York
au centre : Robe Chanel, photographiée à Deauville, le jour du Grand Prix,
par les frères Séeberger, 29 août 1928,
Les Séeberger, photographes de l'élégance, 1909-1939, BnF, Paris

Le style de vie des années 1920, qui se veut libre et pratique et exige qu’on ait l’air «sport», voit le triomphe de la maille et des pullovers – le terme apparaît à cette époque. Certes le soir, on brille dans des tenues luxueuses et pailletées, mais en journée, la base de la garde-robe, c’est l’ensemble sport (sportswear), le plus souvent en maille, souple, pratique, confortable.

On porte le sweater sans col, à manches longues ; on l’appelle cardigan quand il s’ouvre sur le jumper qui s’enfile par la tête ; le chandail – qui viendrait de « marchand d’ail », est à manches courtes, long et décolleté en V ; le pull-over est à manches longues ; quant au gilet, il se boutonne devant. On porte ces articles tricotés à la taille basse sur des jupes courtes, c’est l’allure « garçonne ». Paul Poiret, le couturier vedette de la Belle Époque, n’apprécie guère cette mode : « Autrefois une robe était autre chose qu’une jupe plissée avec un sweater. Ah ! on pouvait alors faire de belles choses avec de beaux tissus que la femme préférait aux jerseys et aux tissus de sport ! » déclare-t-il dans L’Art et la Mode en 1927. Ces toilettes sont immédiatement adoptées par les Américaines, plus rationnelles et moins conformistes que les Françaises.

Du tricot utile de la guerre au tricot de loisir

▲à g. : Cartes postales françaises « patriotiques », 1914-1918
sur sur le blog France/Allemagne : Mémoires de guerres

▲à g. : Femme tricotant (photographie choisie pour la couverture de
No idle hands : The Social History of American Knitting, Ann Macdonald, Ballantine Books, 1990)
sur Flickr Vintage Knitting
à dr. : Une partie du stock des 125 636 chaussettes tricotées pour les soldats à Sydney,
photographie G. A. Hills, mai 1917
sur Knitting for our boys, Galerie de photos de State Library of New South Wales collections sur Flickr

Un tel engouement pour les tenues en maille, relayé par des couturiers renommés, ne peut que profiter au tricot domestique, qui depuis la Première Guerre mondiale s’est répandu dans toutes les couches de la société. Pendant la guerre, femmes, enfants, et même les soldats blessés immobilisés, tout le monde tricote « patriotiquement », en très grand nombre, des chaussettes, des mitaines, des genouillères, des bonnets et des écharpes pour les soldats du front. Les dames de la haute société, qu’on aperçoit dans les rubriques mondaines des journaux, se font infirmières ; elles passent leur temps à tricoter, partout, dans les trains, au théâtre, au restaurant, à la maison, dans les écoles… On les représente même parfois le tricot à la main lors des présentations de mode des maisons de couture, le journal Les Modes raconte très sérieusement ce genre d’anecdotes dans ses articles. On dit que les soldats reçoivent tant d’articles tricotés qu’ils s’en servent pour astiquer leurs armes !

▲à g. : Tricotin soldat, 1915 sur Musée national de l'Education, Rouen
au centre : Catalogue de tricot, modèles spéciaux pour soldats, 1914-1918, sur The Vintage Knitting Lady
à dr. : Recueil de modèles de tricots pour les poilus, La Femme et la Guerre sur Musée virtuel militaire

▲à g. : Tunique tricotée en soie blanche, anonyme, vers 1921
Exposition Les Années Folles, 1919-1929, du 20 octobre 2007 au 29 février 2008, Musée Galliéra
à dr. : Tunique nouvelle au crochet en lacet de soie, magazine Madame, 1922
boutique Au Fil du Temps sur e-Bay

▲à g. : Ensemble tricoté de Joseph Paquin, photographié au Bois de Boulogne par les Frères Séeberger, 1925
Les Séeberger, photographes de l'élégance, 1909-1939, BnF, Paris
à dr. : Pullover moderne au tricot, magazine Mon Ouvrage, 1929
boutique Au Fil du Temps sur e-Bay

▲à g. : Casaque nouvelle au tricot rayé, magazine Madame, 1921
boutique Au Fil du Temps sur e-Bay
au centre : Jumper à col en V, tricoté en soie de couleur rouille, et petit sac à gland, vers 1920
Getty Images sur aufeminin.com

▲à g. : Annonce publicitaire pour les fils à tricoter La Redoute, revue L'Illustration, 1926
sur le blog Les Mailles de Francinelle
à dr. : Publicité pour les Laines du Pingouin de la Lainière de France, Roubaix, 1929
sur hprints.com

Les femmes de toutes conditions sociales prennent ainsi l’habitude de tricoter, et pour longtemps. Après la guerre, le tricot devient un loisir, même s’il reste aussi dans les familles une manière économique de s’habiller utile, confortable et de manière originale. Les magazines de mode continuent, comme au XIXe siècle, à proposer des modèles de tricots à réaliser soi-même, mais aussi désormais des modèles en maille en coupé-cousu à faire fabriquer par sa couturière. Certains de ces articles de guerre vont faire leur entrée dans le vestiaire de la mode : c’est le cas de la cagoule. A partir des années 1920, les filatures françaises proposent la vente de laine au détail, par correspondance, via la presse féminine et familiale ; au début, il s’agit juste pour elles d’écouler leurs fins de séries.

La maille est associée à la modernité

▲à g. : Pullover, Madeleine Vionnet, photographie dépôt de modèle, 23 août 1924
au centre : Ensemble en maille, Jean Patou, photographie dépôt de modèle, 10 août 1926
à dr. : Pullover, modèle Champion, Lucien Lelong, photographié par Edigio Scaioni, 1928
Exposition Les Années Folles, 1919-1929,
du 20 octobre 2007 au 29 février 2008, Musée Galliéra

▲à g. : Coco Chanel posant dans un de ses ensembles cardigan et pull, 1929
Hulton Getty Picture Collection sur Life.com
à dr. : Publicité pour les tissus en lainage et jersey Chanel, 1934 sur hprints. com

▲à g. : Ensembles Jean Patou, photographiés à Deauville par les Frères Séeberger le 14 août 1927
Les Séeberger, photographes de l'élégance, 1909-1939, BnF, Paris
au centre : Sweater en laine, Amérique, vers 1920 The Metropolitan Museum of Art, New York
à dr. : Ensembles cardigans Wilson's of Great Portland Street, Londres, mai 1928
Brooke/ Hulton, Getty Images dans Decades of Fashion

▲à g. et à dr. : Devants de jumpers ou sweaters en trompe-l’œil, tricotés main
par Madame Azarian pour Elsa Schiaparelli, 1927-1928
Exposition Les Années Folles, 1919-1929 , du 20 octobre 2007 au 29 février 2008, Musée Galliéra
au centre : Jumper au motif noeud en trompe-l’œil tricoté main, Elsa Schiaparelli, 1927
Victoria & Albert Museum, Londres

Cette simplicité des lignes de la mode 1920 pousse les couturiers et les artistes à rivaliser d’audace dans le choix des motifs. En 1924, Madeleine Vionnet fait figure de précurseur en proposant des chandails aux motifs géométriques bicolores. Jean Patou, Lucien Lelong, Jane Régny présentent des modèles colorés à rayures ou à diagonales, à motifs géométriques, héraldiques ou en trompe-l’œil – comme la cravate, gros succès de cette mode « à la garçonne ». En 1927, Elsa Schiaparelli lance sa célèbre première collection tricotée main avec cols, cravates et nœuds en trompe-l’œil, ou foulard incrusté ; le modèle à nœud a été très souvent copié, le Jardin des Modes en a publié une version simplifiée dans son numéro de février 1929.

▲à g. : Maillot de bain tricoté main, Sonia Delaunay, 1928
Exposition Les Années Folles, 1919-1929 du 20 octobre 2007 au 29 février 2008, Musée Galliéra
à dr. : Projets de maillots de bain, Sonia Delaunay, 1928
Fashion and Fabrics, Jacques Damase Thames and Hudson (1991) sur Flickr

▲à g. et à dr. : Les danseurs Lydia Sokolova, Anton Dolin, Bronislava Nijinska et Leon Woizikowsky
des Ballets Russes de Serge Diaghilev en costumes de maille pour Le Train bleu, 1924
Hulton Getty Picture Collection sur Victoria & Albert Museum, Londres
au centre : Costumes en maille créés par Coco Chanel pour le ballet Le Train bleu, 1924
Victoria & Albert Museum, Londres

A travers l’image d’une femme mince, indépendante, qui bouge, la maille est associée à la modernité. Elle inspire les artistes cubistes et Art déco, dont certains refusent la distinction trop nette entre les « beaux-arts » et l'art décoratif ou appliqué. En 1924, Coco Chanel crée les costumes en tricot du Train bleu des Ballets russes, dont l’histoire se déroule dans une station balnéaire, un monde qu’elle connaît bien. Sonia Delaunay dessine des vêtements à motifs géométriques et coloris vifs, notamment des maillots de bain en tricot.

▲à g. : Tenue de ski tricotée photographiée à Saint-Moritz, Jean Patou, 1924
Getty Images dans Decades of Fashion
à dr. : Chandail de ski AA Tunmer & Cie porté sur une culotte de ski, auteur anonyme, vers 1927
Exposition Les Années Folles, 1919-1929, du 20 octobre 2007 au 29 février 2008, Musée Galliéra

▲à g. : Jupe pour le sport, publicité Amy Linker, 1925 sur hprints
à dr. : Patinage à Saint-Moritz, 1926 Nationaal Archief sur Flickr

<^>

▲à g. : Pull Louise Boulanger en cashmere et angora, 1928
The Metropolitan Museum of Art, New York
à dr. : Publicité Jane Regny, dessinée par Ernst Dryden, 1927 sur hprints

▲à g. : Marie-Rose, Bibi, Dani et Simone sur la plage d’Hendaye, par Jacques-Henri Lartigue, août 1927
Exposition Les Années Folles, 1919-1929, du 20 octobre 2007 au 29 février 2008, Musée Galliéra
à dr. : Ensemble de bain Jean Patou, photographié par George Hoyningen Huené pour Vogue,
1er juillet 1928 sur condenaststore.com

▲à g. : Publicité pour les maillots de bain Jantzen, la marque au logo baigneuse rouge, 1929
sur le blog interviewmagazine
au centre : Maillot de bain Jantzen, vers 1920 sur collectibles-articles.com
à dr. : Modèle de maillot de bain à tricoter, vers 1920 sur The Retro Knitting Company

▲à g. : Femmes en pyjamas de plage à Bandol, Carte postale Yvon, vers 1920
à dr. : Tenue de plage, griffe Jean Patou Sport et Voyages, vers 1929
Kyoto Costume Institute, Kyoto

On a aujourd’hui bien du mal à s’imaginer porter un maillot de bain de laine tricotée. Pendant ces années 20, le succès des activités sportives favorise la mode des vêtements en maille – le maillot de bain n’est qu’un exemple parmi d’autres, et il vient de loin ! Le maillot féminin du XIXe siècle couvrant, opaque et long ressemble plus à une robe qu’à un maillot. L’engouement pour les sports d’eau et la nouvelle mode du teint hâlé des années d’après-guerre vont progressivement imposer un maillot de bain inspiré de celui des hommes, moulant, ne gênant pas les mouvements pendant la nage, souvent rayé bleu et blanc. Seul le jersey de laine ou de coton répond alors à cette exigence, même si l’eau salée finit par rétrécir les lainages et le soleil pâlir les couleurs. Certaines femmes portent sous leur maillot de bain une « gaine de plage ».

Article emblématique de ce nouveau style de vie sportif, le maillot de bain fait fureur. Grâce à ses recherches techniques, la société américaine Jantzen a l’idée d’intégrer des fibres élastiques dans ses maillots de bain tricotés à côtes, le maillot s’ajuste au corps et ne se déforme plus à l’usage. En France, pas une femme du monde ne manque de porter les maillots de bain siglés « JP. » – c’est une première, du couturier Jean Patou, réputé exceller dans la création de modèles balnéaires. Les maisons de couture ouvrent des rayons spécialisés. Une décennie plus tard, pour se démarquer des « congés payés » en maillots tricotés « faits maison » qui arrivent sur les plages, on portera l’élégant pyjama de plage en jersey.

(à suivre : Histoire du tricot (5) - Le Tricot au XXe siècle, 1930-1980)

À lire aussi sur Les Petites Mains :

Histoire du tricot (1)Les origines
→Des chaussettes coptes de l'Antiquité égyptienne des origines, en passant par les gants liturgiques de l'Église chrétienne, le tricot se diffuse peu à peu dans toute l'Europe.

Histoire du tricot (2)Du XIVe au début du XVIIe siècle
→Le tricot du Moyen Âge ne concerne que les gants, les bas, les bonnets et chapeaux ; guildes et corporations se structurent autour du travail de la « bonneterie » qui se mécanise.

Histoire du tricot (3)Les « ouvrages de dames » des XVIIIe et XIXe siècles
→Sous l'Ancien Régime, le tricot est une occupation féminine convenable, la tricoteuse une figure exemplaire de vertu féminine ; premiers recueils de modèles, progrès techniques et modes hygiénistes diffusent la mode du tricot.

Histoire du tricot (5)Le tricot au XXe siècle, 1930-1980
→Dans la seconde moitié du XXe siècle, le tricot suit les tendances de modes : débrouille des années 40, sophistication des années 50, dynamisme rayé et coloré des années 70, la presse féminine diffuse les modèles.

Histoire du tricot (6)La layette et le tricot pour enfants
→Depuis toujours, le tricot habille l'enfant, parce qu'il le tient au chaud ; en rose ou en bleu, tricoter la layette de son bébé est considéré comme la meilleure des occupations pour une jeune mère.



22 décembre 2010

Bonnes fêtes !



En remontant le boulevard Saint Michel à Paris, j’ai photographié pour vous le sapin de Noël de la vitrine United Colors of Benetton (au numéro 37).

Il me semble en effet que, dans le contexte de mon Histoire du Tricot, ces jolis petits pulls miniaturisés multicolores arrivent à propos pour vous souhaiter de Bonnes Fêtes !

6 décembre 2010

Histoire du tricot (3) - Les « ouvrages de dames » des XVIIIe et XIXe siècles



►Le tricot : une occupation féminine convenable

▲à g. : Portrait de Elisabeth de la Vallée de la Roche, par Michel-Pierre Hubert Descours, vers 1771
Bowes Museum, Barnard Castle
à dr. : Sac à ouvrage pour dame, vers 1790, Angleterre
dans Sacs à main, A. Johnson, Editions Könemann

▲à g. : Coussin à aiguilles en soie, tricoté main, XVIIIe siècle
Victoria & Albert Museum, Londres
à dr. : Femme tricotant, par Francoise Duparc, vers 1750-1760
Musée des Beaux Arts de Marseille sur leparisaquasistain

▲à g. : Coussin à aiguilles tricoté, aux initiales « MM », Angleterre
entre 1730 et 1769 Victoria & Albert Museum, Londres
au centre : Portrait de Madame Lepage, par Guillaume Dominique Jacques Doncre, 1797
sur wikigallery
à dr. : Paire de gants longs tricotés, Amérique, fin XVIIIe début XIXe siècle
Musée des Beaux Arts, Boston

▲à g. : La Tricoteuse endormie, par Jean-Baptiste Greuze, 1759
Huntington Library, San Marino
à dr. : Chaussette tricotée main ayant appartenu au Dauphin Louis-Charles
sur Musée Louis XVII

Au XVIIIe siècle, le tricot à la main est très à la mode, quand il devient l’occupation convenable des femmes de l’aristocratie. A Trianon, Marie-Antoinette ne joue pas seulement à la bergère, elle tricote. Plus tard, au Temple, elle fera chercher aux Tuileries, par la fille de son geôlier Tison, des aiguilles à tricoter en ivoire – certaines sont passées en vente publique en 2003, 30 670 euros la paire ! Le raffinement des accessoires de tricot et des sacs à ouvrage à base sculptée et au corps volumineux, le plus souvent en soie, reflète le statut social de la « dame de qualité » qui les possède.

▲à g. : Ecole anglaise de « bienfaisance » pour filles, vers 1795
Bristol City Museum and Art Gallery, Bristol
à dr. : Bas tricotés en coton, France, XVIIIe siècle, Musée des Beaux Arts, Boston

Avec la « découverte » de l’enfance via notamment de l’Emile de Jean-Jacques Rousseau [Lire Les Petites Mains : Mode adulte - mode enfant (2) : la robe blanche ], on commence à se préoccuper de l’« éducation » des filles, qui ont bien sûr « naturellement » le goût des travaux d’aiguilles, qui « conviennent » à leur « fragilité physique ». Mais, dans les pensionnats et les couvents, ces apprentissages varient selon que la jeune fille est « bien née » ou qu’elle devra « gagner honnêtement sa vie ». Pour la première, il s’agit surtout de se constituer un trousseau et d’occuper la vacuité de son temps libre à autre chose que de « mauvaises lectures » – on nommera cela bien plus tard le bovarysme. Pour la seconde, un enseignement trop léger l’assignerait à des ouvrages ordinaires, moins monnayables sur le marché de la mode, secteur économique en plein essor, en demande croissante de petites mains habiles.

Les Tricoteuses jacobines, par Pierre-Etienne Lesueur, entre 1789 et 1799
Musée Carnavalet , Paris

Le tricot est une activité traditionnellement dévolue aux femmes, qu’elles exercent en privé, dans l’intimité de leur foyer. C’est précisément cette image conventionnelle de la femme qui nourrit le mythe contre-révolutionnaire des « féroces et vulgaires poissardes » tricoteuses jacobines de l’An II. Représentées des aiguilles et un tricot à la main, elles troublent l’ordre « naturel » des choses en exerçant leur activité en public, en se mêlant de plus des délibérations de la Convention, activité politique réservée aux seuls hommes. Pour ceux qui veulent en savoir plus sur ce passionnant sujet d’histoire féminine, je vous renvoie à l’analyse de cette image sur le site L’Histoire par l’image, et à l’article de l’historienne Dominique Godineau sur le site Révolution française.

▲à g. : Servante à son ouvrage, par Jean Baptiste Siméon Chardin, vers 1760
National Museum, Stockholm
à dr. : Bonnet tricoté main, doublé, en laine, vers 1740-1760
Rijksmuseum, Amsterdam

La Classe manuelle, école des petites filles (Finistère), par Richard Hall, 1889
Musée des Beaux Arts, Rennes sur sur Agence photographique de la RMN

▲à g. : La Classe manuelle, école des petites filles (détail), par Richard Hall, 1889
Musée des Beaux Arts, Rennes
à dr. : La Leçon de tricot, par Joseph Gabriel Tourny, 1889
Musée du Louvre sur Agence photographique de la RMN

Le tricot a des vertus qui dépassent les autres travaux d’aiguilles, car on peut l’interrompre pour le reprendre à tout moment. Il permet donc à la femme de tirer parti de tous ces «temps perdus» que l’on ne doit pas gaspiller en conversation, ou pire encore en lectures frivoles. A ce titre, il sera largement enseigné dans les institutions et les écoles aussi bien religieuses que laïques pendant tout le XIXe siècle. Un siècle plus tard, en 1948, alors que De Gaulle accorde enfin le droit de vote aux femmes françaises et qu’on lui pose la question « Allez-vous en prendre au gouvernement ? », il répond : « Oui, à un sous-secrétariat d’État au tricot ». On ne s’étonne donc pas, devant cette survalorisation du tricot et ses conséquences sur l’assujettissement des femmes, que le tricot soit longtemps honni des mouvements féministes.

Les premiers recueils de modèles

▲à g. : Instructions on Needlework and Knitting (Instructions pour les travaux de couture et de tricot)
Pupils of the National Model Female, 1838, Victoria & Albert Museum, Londres
A l’intérieur, on a trouvé une lettre envoyée par une certaine Miss M.A. Smith
qui envoie le livre à son institutrice pour la remercier de ses enseignements.
à dr. : Recueil de modèle pour apprentissage, Instruction book
The National Society's Instructions on Needlework and Cutting Out, National Model Female School, Dublin, Ireland
1835, Victoria & Albert Museum, Londres

▲à g. : Industrie, par Charles Baxter, 1867
Victoria & Albert Museum, Londres
à dr. : Page de couverture d’une méthode scolaire de travail manuel, France, XIXe siècle
collection privée, Archives Charmet sur The Bridgeman Art Library, Londres

Au XIXe siècle, le tricot est, avec la broderie, l’une des principales activités des institutions de charité, hôpitaux, prisons, on y tricote principalement des bas et des vêtements pour enfants. Le premier recueil de modèles publié en Angleterre est Instructions on Needlework and Knitting [Instructions pour les travaux de couture et de tricot] de la National Society, qui le destine à l’apprentissage du tricot dans les écoles de charité de l’Église anglicane. Il date de 1838.

On peut le considérer, lui et ses semblables, comme l’ancêtre de nos recueils de modèles, même si l’absence d’information sur la taille des aiguilles, la tension du fil ou autres notations standardisées rend la réalisation des modèles extrêmement difficile pour une tricoteuse non experte. On y voit le modèle final miniaturisé. De semblables recueils ont certainement circulé dans de nombreuses institutions d’Europe occidentale.

▲Echantillons de modèles, XVIIIe siècle, probablement Allemagne
Musée des Beaux Arts , Boston

▲Page du livre d’échantillons de Elizabeth Hume, entre 1846 et 1875
Victoria & Albert Museum, Londres

Il est évident que certaines tricoteuses se font leurs propres recueils d’échantillons, répertoire de points et de motifs, avant que n'existent les manuels et les fascicules de modèles de grilles. Jane Gaugain est la première Anglaise à publier, en 1846, ses «recettes de tricot», comme on les appelle alors en Angleterre, référence à une autre activité féminine, la cuisine. Elle est la première à utiliser des abréviations pour décrire les points employés.

Les publications mentionnant des ouvrages à réaliser soi-même commencent à se répandre dans les années 1810, surtout en Allemagne, pour la confection de bourses en tricot rebrodé de perles de verre ou d’acier. Les instructions sont imprimées sur papier millimétré. En France, les publications de mode se développent surtout sous la Restauration – comme le Journal des Demoiselles à partir de 1833.

▲Pages de La Mode illustrée
à g. du 6 novembre 1864, à dr. du 27 mars 1864
Au Fil du temps sur e-bay

Ces publications prennent un caractère plus bourgeois sous le second Empire et se diffusent en province. Elles fournissent des patrons et des explications détaillées pour des ouvrages à réaliser patiemment, en couture, tricot, crochet, dentelle et broderie. Ainsi, La Mode illustrée et son supplément, journal familial créé en 1859, qui trouve son lectorat dans la petite bourgeoisie, compte 40 000 abonnées en 1866, et bien plus de lectrices, car les journaux circulent.

▲Modèles proposés par La Mode illustrée, journal de la famille, entre 1860 et 1865
Au Fil du Temps sur e-bay

▲à g. : Portrait de Mary Isabella Grant, par Francis Grant, vers 1845 sur wikigallery
à dr. : Modèle de châle paru dans La Mode illustrée, 1861
Au Fil du Temps sur e-bay

▲à g. : Jeune fille tricotant, par Alexandre Dubourg, vers 1860-1865
Musée Eugène Boudin, Honfleur
à dr. : Modèle de chausson pour enfant paru dans La Mode illustrée, 1865
Au Fil du Temps sur e-bay

Répertorier les modèles dont les journaux offrent les grilles et les modèles est impossible, tant ils sont divers. Le choix est vaste : vêtements pour toute la famille – du bébé à la «dame âgée», en passant par les vêtements de chasse du maître de maison, et divers accessoires du costume et articles de décoration utiles à la maison ; il varie des basiques domestiques aux modèles « de luxe » – on se plaint déjà de l’uniformisation des produits manufacturés ! Ce serait une erreur de croire que les premiers sont exécutés par les tricoteuses modestes, les seconds par les plus aisées ; un ouvrage exceptionnel est mieux payé pour les unes, quant aux autres elles tricotent aussi pour les ventes de charité qu’elles patronnent et les indigents qu’elles secourent.

Réticules et autres bourses du XIXe siècle

▲à g. : Portrait des deux soeurs Harvey, par Jean Auguste Dominique Ingres, vers 1804
Musée du Louvre sur L’Histoire par l’image
au centre : Réticule en soie et coton, tricoté main, Angleterre, vers 1800-1825
The Metropolitan Museum of Art , New York
à dr. : Modèle de bourse réticule paru dans le Journal des Demoiselles, 1855
Au Fil du Temps sur e-bay

▲à g. : Bourse tricotée en fil de soie, doublée soie, vers 1800-1849
Victoria & Albert Museum, Londres
en médaillon : Modèle de bourse ananas paru dans La Mode illustrée, 1864
Le modèle « ananas » a dû avoir un gros succès pendant plusieurs années,
tous les musées du monde en conservent.

▲à g. et au centre : Réticule ananas tricoté porté avec une robe de taffetas de soie jaune
et châle de tulle de soie noire
Angleterre, vers 1803, Kyoto Costume Institute, Kyoto
à dr. : Réticule ananas, vers 1800-1829, Victoria & Albert Museum, Londres

▲Sac en fil de soie tricoté, XIXe siècle
Victoria & Albert Museum, Londres
en médaillon : Modèle paru dans La Mode illustrée, 1861
Au Fil du Temps sur e-bay

Au début du XIXe siècle, les petites bourses et autres réticules font fureur dans la mode. Elles sont nées des poches nouées autour de la taille, portées sous les paniers pendant l’Ancien Régime ; à la Révolution, on jette les paniers avec le vêtement de l’Ancien Régime, les poches restent, externes. Les gazettes se moquent de ces « ridicules », mais en 1805, toutes les femmes en portent : ce sont les débuts du sac à main des filles.

▲à g. et à dr. : Modèles de bourses à deux coulants parus dans La Mode Illustrée, 1862
Au Fil du Temps sur e-bay
au centre : Bourses à deux coulants, Angleterre, XIXe siècle
Victoria & Albert Museum, Londres

▲à g. et à dr. : Modèles de bourses à deux coulants parus dans La Mode Illustrée, 1862
Au Fil du Temps sur e-bay
au centre : Bourse à deux coulants, XIXe siècle
The Metropolitan Museum of Art, New York
Le motif de la palmette persane est à la mode depuis la fin du XVIIIe siècle.

Un autre succès, plus tardif, au second Empire sont les bourses à deux coulants. Cette mode prend son origine dans la coutume médiévale de conserver ses pièces d’or dans une chaussette [en anglais : stocking purse]. Au XIXe siècle, hommes et femmes suspendent ces bourses à leur ceinture. Une minuscule fente dissimulée laisse difficilement échapper son contenu, d’où leur autre nom de bourses d’avare [en anglais : misery purse].

▲à g. : Bourse tricotée, XIXe siècle, The Metropolitan Museum of Art, New York
au centre : Modèle de bourse paru dans La Mode illustrée, 1860
Au Fil du Temps sur e-bay
à dr. : Sac tricoté, Europe, 1880
The Metropolitan Museum of Art, New York

▲à g. : Réticule tricoté, Allemagne, vers 1810-1830
The Metropolitan Museum of Art, New York
à dr. : Modèle paru dans La Mode illustrée, 1864
Au Fil du Temps sur e-bay

On peut voir un grand nombre de ces sacs et bourses sur les sites du Victoria & Albert Museum de Londres, du Museum of Fine Arts de Boston, et du Metropolitan Museum of Art de New York [Mots clefs : bag, purse, reticule, pouch]. J'en profite pour dire qu'en suivant les liens sous les images des Petites Mains, on aboutit souvent à des informations plus précises sur l'objet montré. A découvrir aussi sur le blog History Knits One More Stitch des réalisations faites à partir de modèles anciens. Sur la boutique Au Fil du temps e-bay, que je cite très souvent sur Les Petites Mains, on peut acheter des patrons et grilles de modèles.

Les progrès de la teinture et la vogue des « lainages sanitaires »

▲à g. : Trousse d’aiguilles à tricoter de la marque Sunflower de Bassat Powell, tailles 11 à 19, en acier
vers 1870-1890, Victoria & Albert Museum, Londres
au centre : Photographie de jeune fille tricotant, auteur anonyme, vers 1880
Musée national de l'Éducation – INRP , Rouen
à dr. : Fils de laine teints chimiquement, Angleterre, vers 1850-1899
Victoria & Albert Museum, Londres

A partir des années 1850, les premiers fils de laine teints chimiquement offrent aux tricoteuses du second Empire un plus large choix de couleurs, plus vives et plus chatoyantes. Le fil de laine absorbe particulièrement bien la couleur, le rouge profond et le mauve sont les préférés.

Par ailleurs, les « hommes de science » et les hygiénistes de la fin du XIXe siècle, dans un esprit de « réforme » de la mode qui touche surtout les pays anglo-saxons [Lire Les Petites Mains : la robe de réforme], préconisent le port de tissus bruts, sans fibres végétales, à même le corps. Ils redécouvrent les vertus de la laine. Le Docteur Gustave Jaeger de l’Université de Stuttgart publie en 1878 un ouvrage qui décrit tout le bien apporté par le port de sous-vêtements de laine à son propre organisme. En Angleterre, le « Sanitary Woollen System » est créé la même année, qui propose ses « lainages sanitaires ». Dès 1877, le docteur Rasurel, en France, invente un mélange de laine et de ouate de tourbe, bien entendu « encore plus performant », qui préfigure déjà le Thermolactyl de Damart (il ne sera inventé qu’en 1953). Marcel Proust, asthmatique, en porte ; plus tard, l’Armée française en fournira à ses soldats dans les tranchées…

▲à g. : Publicité pour les sous-vêtements du Docteur Rasurel, vers 1890 sur 1.stdibs.com
au centre et à dr. : Modèles de dessous en laine tricotée
parus dans le Journal des Demoiselles, 1894 (ceinture) et 1901 (jupon)

On recommande donc dans toute l’Europe de porter des « lainages sanitaires » sous les vêtements : jupons et pantalons pour les femmes, gilet pour les hommes. Tout cela contribue à mettre la laine à la mode. On achète le plus souvent ces dessous, mais on les tricote aussi soi-même, les journaux fournissent toutes sortes de modèles.

La représentation artistique de la tricoteuse

▲à g. : La Cour, par William Sidney Mount, 1836
Nelson Atkins Museum of Art, Kansas City
à dr. : La Tricoteuse, par Auguste Georges Blondel, vers 1849
Musée des Beaux Arts, Rennes

▲à g. : La Dame en noir, par Carolus Duran, 1859
Palais des Beaux Arts, Lille
à dr. : Tricoteuse bretonne, par Eugène Boudin, 1865
Musée Boudin, Honfleur

▲à g. : Bergère tricotant dans la campagne de Barbizon, par Jean-François Millet, 1860-1862
Musée des Beaux Arts, Boston
à dr. : La Leçon de tricot, par Jean-François Millet, vers 1860
Art Museum, Saint Louis

Par sa vocation exemplaire d'édification pour les filles, la tricoteuse représente parfaitement les enjeux et conventions de la vie quotidienne des femmes et jeunes filles du XIXe siècle. Qu’elles soient riches ou pauvres, jeunes ou plus âgées, le tricot est d’une certaine manière le révélateur de leurs devoirs et qualités de femmes douces et attentives à leur foyer, de maîtresses de maison au paraître efficace sans ostentation, de chrétiennes humbles et travailleuses, soucieuses d’économie domestique.

▲à g. : Le Tricot, par Francis Grant, fin des années 1860
à dr. : La petite Tricoteuse, par Albert Anker, 1891
Musée Oskar Reinhart am Stadtgarten, Winterthur

▲à g. : Les filles de l’artiste, par Fritz von Uhde, 1896
à dr. : Fillette tricotant, par Julian Alden Weir, 1908

▲à g. : Jeune fille tricotant, par Albert Anker, 1884
à dr. : La Leçon de tricot, par Lee William Hankee, 1914
Musée d’Orsay, Paris

Peindre une tricoteuse, c’est peindre la féminité idéale : les mères attentives, les fillettes obéissantes et leurs grandes soeurs, les grands-mères respectées, l’intimité des foyers, les jolies bergères et vachères qui emploient leur « temps perdu » dans un idyllique décor pastoral, le balbutiement amoureux du promis qui tient pour sa promise l’écheveau de laine qu’elle roule en pelote...

▲à g. : Jeune femme au tricot, par Berthe Morisot, vers 1883
à dr. : A la plage, par Auguste Renoir, 1883
The Metropolitan Museum of Art, New York

▲à g. : Clotilde, par Paul Louis Dessar, vers 1893
Musée franco-américain du château de Blérancourt
à dr. : Les Tricoteuses, par Henri Martin, 1913
Musée d’Orsay, Paris
sources : Agence photographique de la RMN et WikiGallery

C’est donc bien en icône que la figurent les peintres à travers les innombrables représentations de La Tricoteuse ou La Leçon de tricot qui traversent le siècle – jusqu’à ce que la Première Guerre mondiale transforme à la fois cette vision et la pratique du tricot.

(A suivre : Histoire du tricot (4) - Le Tricot au XXe siècle, 1900-1930)

À lire aussi sur Les Petites Mains :

Histoire du tricot (1)Les origines
→Des chaussettes coptes de l'Antiquité égyptienne des origines, en passant par les gants liturgiques de l'Église chrétienne, le tricot se diffuse peu à peu dans toute l'Europe.

Histoire du tricot (2)Du XIVe au début du XVIIe siècle
→Le tricot du Moyen Âge ne concerne que les gants, les bas, les bonnets et chapeaux ; guildes et corporations se structurent autour du travail de la « bonneterie » qui se mécanise.

Histoire du tricot (4)Le tricot au XXe siècle, 1900-1930
→Des fins dessous tricotés 1900 au sportswear des années 1920, le tricot devient la « maille », signe de modernité, il passe des dessous aux dessus ; au tricot utile des années de guerre succède le tricot de loisir.

Histoire du tricot (5)Le tricot au XXe siècle, 1930-1980
→Dans la seconde moitié du XXe siècle, le tricot suit les tendances de modes : débrouille des années 40, sophistication des années 50, dynamisme rayé et coloré des années 70, la presse féminine diffuse les modèles.

Histoire du tricot (6)La layette et le tricot pour enfants
→Depuis toujours, le tricot habille l'enfant, parce qu'il le tient au chaud ; en rose ou en bleu, tricoter la layette de son bébé est considéré comme la meilleure des occupations pour une jeune mère.