12 juillet 2012

Tricentenaire Jean-Jacques Rousseau (2) : L'influence de l'Émile sur l'habillement des enfants


Sous l'influence des philosophes, comme Jean-Jacques Rousseau et son Émile, ou De l'éducation qui connaît un succès fulgurant, un nouveau sentiment d'enfance apparaît dans la seconde moitié du XVIIIe siècle. L'enfant est désormais le centre de toutes les attentions, placé au cœur de la famille dont les liens se resserrent autour de lui. Ces liens affectifs régénèrent la famille, et à travers elle la société future telle que l'idéalisent les Lumières. [Lire sur Les Petites Mains, L'Émile ou l'émergence d'un nouveau sentiment d'enfance au XVIIIe siècle].

▲Le thé au jardin, par George Morland, 1790
Tate Britain, Londres

Cette nouvelle perception de l'enfance est à l'origine de règles de soins et d'habillement inédites, plus adaptées aux nourrissons et aux enfants, dans un souci de liberté et de confort. Elle est renforcée par la mode de l'anglomanie, l'adoption des modes anglaises, plus simples et plus décontractées que l'habit à la française. L'aristocratie anglaise est plus active que l'aristocratie française soumise aux rigueurs de l'étiquette. L'Angleterre a une longueur d'avance dans la technique et le commerce du textile, au moment où la mode des cotonnades, des indiennes aux mousselines, fait fureur dans toute l'Europe. Les nouvelles modes enfantines des Lumières concernent tous les enfants : bébés, filles, garçons.

Supprimer l'« extravagante et barbare » pratique de l'emmaillotement

« Observez la nature, et suivez la route qu'elle vous trace », voilà résumé le message de l'Émile. Rousseau se prononce contre l'emmaillotement des nourrissons, reprenant à son compte les arguments du philosophe anglais John Locke. Ce n'est en effet qu'à partir du XVIIIe siècle que les détracteurs du maillot, dont Rousseau et Buffon, commencent à se faire entendre. « Au moment où l’enfant respire en sortant de ses enveloppes, ne souffrez pas qu’on lui en donne d’autres qui le tiennent plus à l’étroit. Point de têtières, point de bandes, point de maillot » écrit Rousseau.

« Leurs premières voix dites-vous sont des pleurs ? Je le crois bien : vous les contrariez dès leur naissance ; les premiers dons qu'ils reçoivent de vous sont des chaînes, les premiers traitements qu'ils éprouvent sont des tourments. Ils crient du mal que vous leur faites : ainsi garrottés vous crieriez plus fort qu'eux. » On ne saurait lui donner tort, quand on observe la pratique du maillot très serré qui n'a guère changé depuis le Moyen Âge.

▲à g. : Le Nouveau-né (détail), par Georges de La Tour, XVIIe siècle
Musée des Beaux-Arts, Rennes sur Wikipedia
à dr. : L'Adoration des Bergers (détail), par Georges de La Tour, XVIIe siècle
Musée du Louvre, Paris sur Agence photographique de la RMN

▲à g. : L'Hiver (détail), par Giuseppe Gambarini, 1721
Pinacothèque Nationale, Bologne sur Wikipedia
à dr. : Bande d'emmaillotement, France, première moitié du XVIIIe siècle
Victoria and Albert Museum, Londres

▲Jeune mère faisant la toilette à son enfant, XVIIIe siècle
La grande sœur fait sécher la couche, qui est réutilisée sans être lavée.
BnF, Paris

▲Sancho et la marchande de noisettes (détail), par Charles Joseph Natoire, 1735-1744
Château de Compiègne sur Agence photographique de la RMN

Jugez plutôt. Pour emmailloter le bébé, on commence par placer sous les aisselles des linges pour absorber la transpiration. On plaque les bras du bébé serrés le long du corps, on croise sur la poitrine et le ventre de l'enfant, les uns après les autres, les linges qui servent de couches absorbantes, et le lange. Puis on tient bien serré les jambes droites parallèles l'une contre l'autre, parfois à l'aide d'une planche de bois, et on les enferme dans des langes de tissu. On maintient le tout avec une longue bande de toile qui immobilise le petit corps tel un paquet ficelé, des pieds aux épaules. Le bébé des milieux aisés porte encore par-dessus des langes de parade en étoffe précieuse rebrodée, en mousseline ou en dentelle [Lire sur Les Petites Mains, Mode enfantine et luxe, La layette]. Inutile de préciser que la nourrice ne renouvelle pas l'opération de démaillotement - emmaillotement plusieurs fois par jour. J'ai lu dans des ouvrages d'histoire du costume que certains bébés étaient changés à peine une fois par semaine, mais j'ai du mal à y croire ! Seuls les bébés royaux et princiers ont droit à une « remueuse » dont c'est la tâche exclusive.

Sur la tête du nourrisson, un premier bonnet, appelé béguin, protège jour et nuit la fontanelle, l'écorce de crasse est considérée comme protectrice. Par-dessus le béguin, il porte un second bonnet de coton ou de laine, selon la saison, puis une cornette (au XVIIe siècle) ou plus tard un troisième bonnet de dentelle. Dans les premiers jours, une têtière s'attache au maillot à chaque épaule, qui maintient droite sa tête jusqu'à ce qu'il soit assez fort pour la tenir seul. Ce n'est qu'après un mois à huit semaines que les bras sont progressivement libérés du maillot le jour, mais pas la nuit. Le bébé revêt sa première robe vers huit mois, composée d'un corset baleiné, d'un jupon et d'un tablier.

« Quand il commence à se fortifier, laissez-le ramper par la chambre ; laissez-lui développer, étendre ses petits membres ; vous les verrez se renforcer de jour en jour. Comparez-le avec un enfant bien emmailloté du même âge ; vous serez étonné de la différence de leurs progrès » ajoute justement Rousseau. Il remarque aussi qu'on couvre trop les nouveau-nés alors qu'ils se défendent mieux du froid que de la chaleur.

▲à g. : Béguin chrémeau (qui a reçu les huiles saintes du baptême) en coton, XVIIIe siècle
Musée de la Vie Bourguignonne Perrin de Puycousin, Dijon sur Base Joconde
au centre : Portrait de Sophie Béatrice de France, par Élisabeth Louise Vigée-Lebrun, 1786, sur Wikipédia
à dr. : Bonnet, vers 1780, Nationalmuseet, Copenhague

▲Le prince électeur Auguste III de Saxe enfant, par Anton Raphael Mengs, 1763-1764
Staatliche Gemälde, Dresde sur Agence photographique de la RMN

▲Madame Privat de Molières et ses filles (détail), par Antoine Raspal, 1775-1780
Museon Arlaton, Arles

Les bébés anglais cessent d'être emmaillotés au bout de quelques semaines dès 1820, du moins dans les classes aisées et urbaines. Mais la coutume est tenace en France, et on ne doit pas se fier aux nombreuses représentations idéalisées de bébés nus. Il faudra attendre le début du XXe siècle – et même le milieu du siècle dans les régions rurales – pour voir adopter les « langes anglais ». Les historiens et les sociologues l'expliquent par la prédominance de la culture paysanne en France, qui donne au maillot une fonction civilisatrice : il est censé permettre le développement bien droit du corps mou et inachevé du bébé afin qu'il marche plus tard sur ses deux jambes et non à quatre pattes comme l'animal. De plus, le maillot facilite le portage du bébé et le tient au chaud. Le lange est économique, il grandit avec l'enfant.

La tenue des bébés va néanmoins s'assouplir à partir du XVIIIe siècle. Le temps d'emmaillotement serré se raccourcit, la planche en bois qui maintient les jambes droites est abandonnée. Ils sont vêtus d'une chemise, d'un corset léger, d'une brassière de coton, d'une brassière de laine, d'une couche de toile et d'un lange de flanelle, de laine ou de coton molletonné souple, les bandelettes ne concernent plus que les jambes. En quelque sorte, le haut constitué d'une chemise et de brassières est à l'anglaise. Par-dessus, calés sous les aisselles, couches et langes enveloppent le bas du corps à la française. Les bébés privilégiés sont baignés tous les jours. On commence seulement à réaliser que la propreté est une des conditions d'une bonne santé. Rousseau préconise un bain froid et revigorant dès les premiers mois de la vie.

Le vêtement idéal d'Émile

Rousseau n'apprécie guère l'habit à la française à la mode dans la première moitié du XVIIIe siècle. Il va sans dire qu'il est un ennemi déclaré du corset. « L'habillement français, gênant et malsain pour les hommes, est pernicieux surtout aux enfants. »

[…] « Ce qu'il y a de mieux à faire, est de les laisser en jaquette [robe] aussi longtemps qu'il est possible, puis de leur donner un vêtement fort large, et de ne se point piquer de marquer leur taille, ce qui ne sert qu'à la déformer. Leurs défauts du corps et de l'esprit viennent presque tous de la même cause ; on les veut faire homme avant le temps. » Il en est de même du corps et de l'esprit, il faut rester proche de la nature et respecter le rythme de l'enfant.

Corps [corset] à baleines pour enfant, 1750-1760
Museon Arlaten, Arles sur Base Joconde

▲Servante habillant des enfants, par Pierre-Louis Dumesnil, vers 1730
Musée Carnavalet, Paris
(J'ai découvert cette image grâce à l'excellent blog Le Divan fumoir bohémien,
l'auteur en fait ici une lecture personnelle très sensible)

Je me mets à rire, tout le monde rit, et l'enfant rit comme les autres.
Illustrations de L'Émile, XVIIIe siècle, BnF, Paris

▲Robe ou jaquette pour bébé ou jeune enfant en coton imprimé, Angleterre, vers 1750
Simple et de couleur gaie, elle aurait plu à Émile (voir illustration ci-dessus).
Victoria and Albert Museum, Londres

▲La lingère, par Hubert Robert, 1761
C'est par commodité que l'enfant est enrobé aussi longtemps qu'il n'est pas propre.
Sterling et Francine Clark Institute, Williamstown sur le blog Grillon du foyer

Après une prime enfance où il n'a porté « ni langes ni bonnets », Émile continue de grandir libre de ses mouvements. Il reçoit des vêtements confortables qui lui permettent de faire de l'exercice. Il ne change pas de garde-robe selon les saisons, et porte « l'hiver ses habits d'été, comme les gens laborieux ». Mais il donne son avis pour les coloris : « il y a des couleurs gaies et des couleurs tristes : les premières sont plus du goût des enfants ; elles leur siéent mieux aussi ; et je ne vois pas pourquoi l'on ne les consulterait pas en ceci des convenances si naturelles […] ».

La robe blanche des petits enfants et des filles

C'est encore d'Angleterre qu'arrive la mode, à partir des années 1750-1760, d'une tenue plus conforme à la simplicité pastorale à la Jean-Jacques, inspirée aussi par les portraits de Van Dyck, dont on redécouvre l'oeuvre peinte et les robes de satin blanc. Les bébés et les petits enfants, filles et garçons, se mettent à porter une robe blanche confortable, montée d'une pièce – en fourreau – droite et froncée à la taille, avec une simple coulisse à l'encolure. Fermée dans le dos, elle est agrémentée d'une large ceinture de satin de soie colorée, le plus souvent rose ou bleue. Cette robe, longue pour les bébés, raccourcie pour les jeunes enfants, apparaît en France vers 1750. Le premier portrait connu d'enfant portant cette tenue est celui dit d'Alexandrine Lenormant d'Etiolles, fille de la marquise de Pompadour, par François-Hubert Drouais, en 1750-1751.

▲Petite fille en robe blanche dite Alexandrine Le Normant d'Etiolles,
fille de la marquise de Pompadour, par François-Hubert Drouais, 1750-1751
Musée Cognacq-Jay, photo Aglaé sur Flickr

▲à g. : Portrait de deux sœurs, par Carl Ludwig Christineck, 1772
Musée d'Art national de la République de Biélorussie, Minsk sur Wikipaintings
à dr. : Robe d'enfant en fourreau, 1775-1780
Nationalmuseet, Copenhague

▲à g. : Portrait de la princesse Louise Augusta du Danemark enfant, par Helfrich Peter Sturz, 1771
Château de Rosenborg sur Wikipedia
au centre : Robe de bébé en coton blanc, vers 1796, Wisconsin Historical Museum, Madison
à dr. : Portrait d'Amelia d'Angleterre, par John Hoppner, 1785
The Royal Collection sur Wikipedia

▲à g. : Les enfants Sackville, par John Hoppner, 1797
The Metropolitan Museum of Art, New York sur Wikimedia Commons
à dr. : Robe de fillette en mousseline brodée, Angleterre, vers 1813
Victoria and Albert Museum, Londres

▲à g. : Master John Heathcote, par Thomas Gainsborough, 1770
National Gallery of Art, Washington
à dr. : Master Hare, par Joshua Reynolds, 1788-1789
Musée du Louvre sur Wikimedia Commons
Les deux enfants représentés sont des garçons.

▲à g. : Portrait de Frederick Cooper, par Nathaniel Dance-Holland, fin XVIIIe siècle
Ne vous fiez pas aux boucles blondes, à la robe blanche et au noeud rose de la taille,
aux XVIIIe et XIXe, les petits garçons de moins de quatre ans portent la robe.
au centre et à dr. : Robe d'enfant en mousseline des Indes brodée au point de Beauvais, 1770-1780
Museon Arlaten, Arles sur Base Joconde

▲à g. : Portrait de la famille Copley (détail), par John Singleton Copley, 1776
National Gallery of Arts, Washington sur Wikipedia
à dr. : Robes de fillette en mousseline de coton blanc et jupons colorés, 1798, Livrustkammaren, Stockholm
Album Livrustkammaren par Johanni sur Flickr

▲à g. : Robe fillette en mousseline de coton blanc, ceinture et jupon verts, 1798
Livrustkammaren, Stockholm, par Johanni sur Flickr
à dr. : Portrait de Marianne Holbech, par George Romney, 1781-1782, Philadelphia Museum of Art

▲à g. : Portrait de fillette, par John Hoppner, 1790, sur le blog Jane Austen World
à dr. : Portrait de Anna Dorothea Foster et Charlotte Anna Dick, par Gilbert Stuart, 1792, sur wahooart

Légère, taillée dans du linon ou du coton blanc facile d'entretien, ou dans une fine mousseline, elle laisse parfois voir en transparence un jupon de couleur. Portée d'abord par les bébés, les très jeunes garçons et les fillettes de moins de quatre ans, la mode va ensuite s'étendre aux fillettes plus grandes, qui abandonnent corps [corset] et paniers et continuent de porter leur robe de bébé.

Les fillettes ne copient plus la garde-robe de leurs mères. Pour la toute première fois dans l'histoire de la mode, le phénomène va même s'inverser : dans les années 1780, les femmes empruntent à leurs enfants cette légère robe en gaulle [Lire sur Les Petites Mains, Mode adulte - mode enfant : la robe blanche]. Les enfants vont garder cette tenue toute la seconde moitié du XVIIIe siècle – et au-delà.

Le costume en matelot des garçonnets

L'étape où le petit garçon quitte sa robe – entre trois et six ans au début du siècle – est un moment important de sa vie d'enfant. Dans la seconde moitié du XVIIIe, ce moment charnière se brouille au fur et à mesure que la société modifie sa perception de l'enfance. Cela se traduit par l'arrivée d'un nouveau vêtement destiné aux garçonnets, intermédiaire entre la tenue à la bavette [la robe] des petits et et la culotte et les chausses [bas] des hommes : c'est le costume en matelot.

▲à g. : Portrait d'enfant jouant au yoyo ou émigrette, vers 1790
Musée Leblanc-Duvernoy, Auxerre sur Musées de Bourgogne
à dr. : Frac à col rabattu et pantalon à pont à la matelot portés par le Dauphin au Temple, vers 1792
Catalogue d'exposition La Mode et l'Enfant 1780... 2000, 2001
Musée Galliéra, Musée de la Mode de la Ville de Paris
[Lire sur Les Petites Mains, Mes sources]
(Ces deux pièces, conservées comme des reliques,
proviennent de deux sources différentes, ce qui explique leur différence de ton)

▲Le premier Dauphin Louis-Joseph-Xavier, né en 1781, habillé en matelot,
détails de portraits de Marie-Antoinette, reine de France et ses deux premiers enfants
à g. : d'après Adolf Ulrik Wertmüller, 1785
à dr. : par Élisabeth Louise Vigée Lebrun, 1789
Château de Versailles et Trianon, sur Agence photographique de la RMN

▲à g. : Les enfants Godsal, par John Hoppner, 1789, The Huntington Library
à dr. : Costume en matelot [en anglais : skeleton suit], Irlande, 1789-1792
Royal Ontario Museum, Toronto sur Wikimedia Commons

▲à g. : Costume en matelot, vers 1770, Nationalmuseet, Copenhague
à dr. : Les enfants Cavendish, par Sir Thomas Lawrence, 1790
Städel Museum, Frankfurter-am-Main
L'aîné, William a sept-huit ans, il porte l'habit dégagé avec la culotte, très proche de celui des hommes ;
le benjamin, George, a cinq-six ans, il porte le costume en matelot avec pantalon ;
le bébé, Anne, est une fille, elle a trois ans et porte la robe blanche
qui habille aussi les petits garçons de son âge.

▲à g. : Habits en matelot, 1795-1805, Münchner Stadtsmuseum, Münich
Catalogue d'exposition La Mode et l'Enfant 1780... 2000, 2001
Musée Galliéra, Musée de la Mode de la Ville de Paris
[Lire sur Les Petites Mains, Mes sources]
à dr. : Les enfants Bowden, par John Hoppner, 1803 sur Wikimedia Commons

Le costume en matelot est constitué d'un frac ou d'une veste droite, d'où sort une collerette plissée en lingerie et, ce qui constitue une grande nouveauté, d'un pantalon long à pont, alors seulement porté par les gens du peuple et de la mer – d'où son nom : en matelot ou encore à la marinière. On peut donc affirmer que les premiers sans-culottes sont des garçonnets, et c'est bien là une « révolution » vestimentaire. Blanc, ou de teinte pastel, ce costume peut être en taffetas de soie ou en toile de coton. Une large ceinture, souvent en satin, drape la taille assez haute. Le costume à la matelot apparaît vers 1780, il devient la tenue classique d'une enfance aristocrate entre 1790 et 1830. En France, la reine Marie-Antoinette est la première à l'adopter pour vêtir le premier Dauphin Louis-Joseph-Xavier, né en 1781.

Les garçonnets portent le costume à la matelot entre trois et sept ans. Le pantalon descend de la mi-jambe à la cheville. Des fronces à l'arrière rendent le fessier plus ou moins volumineux. Vers les années 1800, le frac se raccourcit en spencer porté boutonné au pantalon. Les Anglais l'appellent skeleton suit. Le costume en matelot est l'ancêtre direct de l'autre grand succès de la mode enfantine, le costume marin, qui apparaît en France vers 1850. J'ai déjà parlé de ces sujets sur Les Petites Mains [Lire Costume marin (1) Le costume en matelot et La culotte des garçons]

▲Lord Willoughby de Broke, et sa famille au petit déjeuner à Compton Verney, par Johann Zoffany, 1766
Album Ed Bierman sur Flickr

▲Lady Smith (Charlotte Delaval) et ses enfants (George Henry, Louisa, et Charlotte), par Joshua Reynolds, 1787
The Metropolitan Museum of Art, New York


La mode est un phénomène extrêmement complexe, qui trouve sa source et son inspiration dans la pensée politique, les phénomènes sociaux, les avancées techniques et scientifiques, les stratégies économiques, les changements démographiques, la vie artistique et culturelle, les coutumes locales, etc. Les deux objectifs de ce blog sont la promotion de la mode et du costume comme patrimoine national, et une tentative d'éclairage des mécanismes de mode qui m'ont captivée dans mon métier de styliste, à l'affût des fameuses « tendances ». Parce qu'il est un élément de différenciation entre les classes sociales, les métiers, les pays, les personnes, le vêtement est une des clés de la petite histoire, miroir de la grande Histoire. Avec cet article sur l'influence des idées de Jean-Jacques Rousseau sur la mode enfantine, on est au cœur du sujet !


6 commentaires:

  1. Très intéressant cette histoire des vêtements enfants...

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    1. Merci d'avoir pris le temps de laisser ce sympathique commentaire. Bonne chance à Manollo.

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  2. Un immense merci pour ce travail et ce partage!
    Merci pour les visuels présentés avec les sources, permettant de savoir où se trouvent les œuvres référencées!

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    1. Les Petites Mains accueillent des lecteurs non francophones, l'iconographie appuie et résume le contenu du texte. Outre que cela relève de la courtoisie la plus élémentaire envers leurs auteurs de citer les sources, l'idée est aussi de permettre aux lecteurs de poursuivre leurs propres explorations.

      Merci à vous pour ce message d'encouragement.

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  3. Bonjour,
    D'abord merci pour votre blog hyper intéressant.

    Concernant l'image dont vous avez perdu les références, voici ce que j'en ai trouvé : Frederick Cooper by Sir Nathaniel Dance-Holland (1735-1811). Pink was a boy's color in Georgian times, and boys typically wore dresses such as this until they were put into short pants between the ages of 4 and 6

    Sur google image (http://images.google.fr/) on peut faire une recherche par image (sur l'icone appareil photo). On peut indiquer son emplacement sur internet ou sur l'ordi et Google cherche ce qu'il trouve d'identique. Le résultat est souvent bluffant.

    Pour cette image, voici la page de résultats : https://www.google.fr/search?tbs=sbi:AMhZZiv1XnJL3DcF10UuMSgj4JpG0bwlxcFjArJ99dWM1KlkcWLBzGGJ0kBXC4EjCQ43chE2rWtxg8T4p1PaMbjWR6SmqMOiS9j_1h2ewqqfY1al7cbZahlhCdf2ZzmTY9OfAlZ8ke1oaBOZv-b-BvY0USp_1RThGRZNxUGce3IdNXzv5tm0XHoK_1wM1aa9pnG4L8y4J8XPESN_1C-HOZ8oEsnczcoz9gAtJLK208FoBObNBmSKxRFW3U2XLllgtaWLA7WFEvf232V1S-zYvsrCa_1kiwMjFk_1XxhhDDBB2HyYdKL-axAR71lx3dLO26DouyZNnxuRP8dHnmM87eTHNKtpQ6L30KQ1kcOB-TZz233HXDDf8N1wOrKg6CyJP0GCPPvFnRQvXKSW_1EEOAi3WQgIvDA-G_1V4zpgAo8E-IkcJ48uED7aBsxLsUkLjnJ_1SlnUf9Hk0e4ncLl7qfDWR-qTq6OLqKJnCmL0y34ZLOz0zwU6ib44L1OzgASMswaRVGH9Pd7Eon4hTU_1qzoyssWrxs_1-MyLysoX321mQvVAPdadbAs7RXL-IAJSTVumvJtSGJeao98VKZm-4e4JVonoz5pHVOm40uw4LZMKGnjt5bk_1nGecQtAvT10qh0gBKd_1aawOKVnfw5wC7fGlGqZH8i8knVewobwaTablYIcMX5gCJvDe3DTVV0ZBKmLflV8wZfHjyNUMRa1IJKuOje5sMnvgy0yJK-yuxjf8pfS9_1lnRqWZyRVA5S9iqqt69fNaEK7ucqE3w3TZ2y4k3a5RR0ExWDxJTOh76KwbZbdn_1jpRYYBR6vXqKib3pSs7WmaSIuaAkXXe4W4hb4EyyIjb63MAI9S5GSjynr-O3XkIXqqpm845lFb0AjvJzYfAYW5ghKIeeE8Eb0I_1SmMH4Q4L1JO4WzGoZ7_1MOGePOiyo7k0eE_1qVqcQX3Pg4sMhuR8fnm85bj8c-U7xyv_1jCm7nsPYxIyBmjjUMLOOX0UK-JHyRdQ9TTFgPDK4vQd_1MPAYiIvKmraKqsU4vyuoA4fssqd6MYHWEVHEnwzJjiQcAhwXQPvdMJUD8UIm1BdfShT6eY2OB1Q-stpD3UQOI0soW1JfVO3L3bd3K_1tgJcK8g7ZWiuG02vY73v6u-vFl1x-xaD3F1eYZvASkzvs7LJPECz_19RCcdo6ro0aP6XKZq-RUPfqvPLBjczxiuOvINhIrxYs2LNt_1rcPZ8jzbjD2ncSQfjN_12tHJE9Sc-m1gQgW7CeR2NIuw_1mDrd7LJ6fzGb--IBsWcmLY126z4sMVIEQpRfYI7yr6j9D0D7Z0Kow

    Virginie

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    1. Merci pour pour la réponse et la légende retrouvée - il s'agit donc d'un petit garçon.

      Et merci pour le tuyau des images Google, bien efficace !

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